mardi 28 janvier 2020

NEOM - chapitre 26



Le bruit de la porte qu’on ouvre, puis les pas des quatre Première Génération pénétrant dans sa chambre se confondirent dans son sommeil avec le cauchemar qu’elle faisait. A l’instant précis ou, ouvrant des yeux écarquillés, elle comprit ce qui lui arrivait, ils l’avaient bâillonnée et attachée et la conduisaient avec rudesse au dehors.

Elle crut mourir de peur quand après l’avoir trainée sans ménagement en direction d’un véhicule, jetée dans un coffre puis extraite après vingt minutes de vol à toute allure, ils ouvrirent à nouveau le coffre, se saisirent d’elle violemment puis la conduisirent dans une geôle sombre et froide.

Où ils l’abandonnèrent.

Elle voulait hurler, sentait tous ses membres un à un, s’éteindre.

L’horreur, elle le sentit, allait déferler.

Igor entra. Il se tenait droit, s’assit face à elle, au sol, puis sortit un écran.

« Accusée vous avez le droit de conserver le silence à l’écoute de notre plaidoirie, puis de la sentence qui fut prononcée par le Tribunal Ordinaire de la Cité de Néom. Vous avez, en ce jour, doublement manqué à vos obligations contractuelles. Tout d’abord en vous rebellant par passivité contre la mission de confiance qui vous a été donnée, en n’atteignant pas même les 50% atteints par vos onze collègues. Ceci suffit pour vous frapper d’un blâme et vous exclure définitivement des journées exceptionnelles auxquelles nous vous avions fait l’honneur de vous convier. Mais plus grave. Vous êtes montrée faible, lâche, et tout sauf fiable, envers notre meilleur élément, votre ami, Julian Dawn, alias Julian D. En refusant de choisir, en demeurant entre le marteau et l’enclume, en souhaitant tel un cloporte passer entre les gouttes. Ni bonne ni mauvaise, ni rebelle ni soumise, simplement livrée aux peurs dérisoires de votre espèce en voie d’extinction, vous avez libéré ainsi une place. Grace à vous, une victime de moins sera ôtée de la surface de ce globe ces trois prochaines années. Vous prenez de fait sa place. GARDES, cria t-il. EMMENEZ L’ACCUSEE ! ».

Quatre Première Génération se précipitèrent sur Agathe et lui bandèrent les yeux. Puis la jetèrent au fond d’un container roulant, dans lequel régnait une odeur nauséabonde.

« Des cadavres de rats, murmura Igor. Vous ne méritez pas mieux ».

Elle crut s’évanouir de peur, mais la frayeur était si grande qu’elle la maintint en parfait état de conscience. Le container roulait sur un chemin de pierres, la faisant se cogner cent fois.

Toutes ses pensées s’affolèrent. Elle se revit alors enfant, dans sa chambre d’enfants, avec les autres fillettes.

Elle revit une fraction de seconde Maggy, sa si jolie poupée.
La serra mentalement contre son cœur.
Avant que d’être soudain précipitée hors du container.

Il faisait horriblement chaud. Une musique inquiétante jouée à l’orgue, des murmures autour, des ricanements.

On lui arracha son bandeau.

Elle les vit, nus, vieux et grimaçants, hommes et femmes, tous plus de soixante-dix ans, ridés.
Laids à faire peur.
Excités comme des bêtes.

Au dessus d’eux, un immense rideau rouge au sein de ce qui ressemblait à une synagogue.
Une croix …
Une croix inversée …
Un être sanguinolent, humain, tête en bas, cou tranché.
Qui encore vivant saignait.
La Synagogue de Satan.
Elle le comprit aussitôt.

Une vieille femme ricanant s’approcha d’elle, avec à la main un gant, et au bout de chaque doigt de cuir une griffe en acier.
Elle avança la serre et de quelques coups lui arracha ses effets, son collier, ses boucles d’oreille.
Agathe sentit ses deux oreilles une à une fendues.
Puis sa bague.
La vieille trancha le doigt d’un coup sec.

Autour ca ricanait. Elle vit les hommes, en érection, certains se masturbaient.

« Au travail ! », ordonna celui qui semblait être leur grand maitre, car il était le seul qui portait tunique.
Une tunique rouge et noire.

Il s’avança vers elle.

De derrière deux hommes l’attrapèrent violemment aux hanches, la déflorèrent, avec une violence inouïe la déchirèrent presque.

« Apportez le nectar ! », commanda le grand maitre, tandis que les deux vieillards l’assaillaient et qu’autour les autres s’excitaient.

Une nonne à demi nue apporta une coupe.
Emplie d’un liquide rouge
« Sang de vierge, lait menstruel, sperme d’adolescent, marmonna le  grand maitre en approchant le breuvage de ses lèvres. Buvez mon enfant, ceci est votre passeport pour les enfers ».

Ils la forcèrent à tout avaler, elle recracha quelques gouttes, un homme la gifla, une femme lui entailla les flancs avec une fine lame.
Puis assise face à la plaie but son sang.
Puis s’en badigeonna le corps.

« Plus que cinq minutes et tout sera fini, ma jolie », murmura la vieille.

Le grand-maitre se retourna, ôta son visage en un tour de mains.
La regarda.
Elle découvrit, effrayée, le visage d’un démon. Yeux rouge- sang, mains terminées par d’immenses griffes.
Il plongea son regard dans le sien.
Derrière un homme lui ôta son bâillon.

Agathe poussa un cri si terrible et si interminable qu’elle s’en déchira les cordes vocales en quelques secondes. Et se retrouva muette.

« Petite créature, murmura le démon en bavant de contentement, tu es atrocement laide et faible, tu ne feras guère que nourrir mes flammes que quelques heures. Mais telle que tu es je te prends ».

Il l’attrapa alors par la chevelure, lui enfonça de la main gauche un épieu dans le sexe, la souleva du sol, l’observa en riant se débattre telle une proie à quelques secondes de sa mort.

Puis d’un coup de griffes planté en plein cœur mit fin à ses jours.



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