samedi 16 mars 2019

Bowling for Christchurch



Christchurch, Nouvelle Zélande. Un tueur fou surarmé déclenche pendant de très longues minutes sans que quelque force de l’ordre soit sur place un vrai carnage et abat à bout portant 49 personnes dans deux mosquées. Mode opératoire bien connu, émotion nationale, toutes les chancelleries interviennent aussitôt, le monde, ses dirigeants surtout, est sous le choc.

Le tireur fou – cette fois nous disent les médias, un type d’extrême droite, fasciste et raciste, suprématiste blanc, qui s’attaque aux musulmans. Le même scénario que chez nous mais à l’envers, chez nous ce sont d’autres épouvantails, les djihadistes d’Allah, qui s’attaquent aux, je ne dirais pas blancs, mais gens. Parfois – Saint Etienne du Rouvray – à un prêtre.

A peine vingt quatre heures après, on découvre un manifeste de 73 pages laissé par le tireur, appelle Le grand remplacement. L’homme se dit avoir été marqué par un séjour en France en 2017 ou il vit, je cite, le banquier international Emmanuel Macron remporter l’élection contre la nationaliste Marine Le Pen. Et surtout, ou que se posaient ses yeux, par la présence en France des – je le cite encore - envahisseurs.

Sur fond de proche application du Pacte de Marrakech et d’élections européennes binaires – européisme vs nationalisme – ce nouvel acte de folie tombe à pic. On nous ressort la théorie du grand remplacement mal définie sur le dos des musulmans – un terme o combien englobant qui stigmatise les français de confession musulmane dans leur ensemble, ceux que nos médias et certains de nos politiciens aiment tant stigmatiser – et ce grand fourre tout financé par George Soros qu’on appelle les vagues migratoires. On rejoue la carte du management par la terreur en n’omettant pas de faire de la politique – une personnalité politique de premier plan de Nouvelle Zélande ayant pris appui sur ce drame pour affirmer que les migrants étaient nos amis, confondant ainsi migrants et musulmans sur le dos de 49 victimes.

Cet atroce fait divers, MK Ultra ou pas – il ne s’agit pas d’un attentat mais d’un acte commis par un homme qui avait ce projet en tête depuis deux ans, une sorte de Bowling for Christchurch - constitue un matériau exploitable immédiatement par nos professionnels de la politique, lesquels nous ont une fois encore englués sous leur guimauve et leurs larmes de crocodile. Ces numéros de pleurniche mâtinés d’arrières pensées électorales, disons-le, qu’ils se les gardent, les tweets de Trump et de Macron, ces gazouillis de vautours autour des cadavres encore chauds ça fait plus que désordre, ça fait charognards.

Comme d’habitude le tireur put commettre ses méfaits tranquillement puis être identifié aussitôt, et les médias, l’oreillette fixée sur les lèvres des enquêteurs, ont pu nous déverser le feuilleton en live. Impression de déjà-vu.


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