dimanche 24 février 2019

Manu au cul des vaches !



Après le Crif, le cul des vaches ! Eh oui, Président des Riches, c'est un métier, d'acteur s'entend, avec des classiques et des scènes aussi récurrentes qu’obligées. Au baiser de babouche cacher succéda donc pour notre bien-aimé monarque quelques heures à la Porte de Versailles dans les allées d'un salon ou ça sent bon le purin.

Poudré, maquillé et parfumé, la chemise blanche immaculée et la cravate droite, Manu, huit heures pétantes, fut donc lâché par Maman Brigitte avec deux cent gorilles à ses bottes au lieu dit. Où s'agglutinaient déjà tous les cul-terreux de ce royaume dont l'Auguste Suzerain ne connait guère que les beaux quartiers des grandes villes, et encore pas toutes, mais certainement ni les bourgs, encore moins les campagnes, les champs, les prés et les étables.

Accueilli comme il se doit par des quolibets, des lazzis et de drôles de vêtements fluorescents, le Monsieur Propre de la Politique demanda à son service de Benalla de bien vouloir nettoyer les écuries et passer de la javel avant que de poser un mocassin dans les allées. On poussa ainsi les gueux vers la sortie pour mieux les remplacer par des produits maisons, en l'occurrence des militants du Parti Présidentiel ici conduits par escorte depuis le XVIème et le XIVème arrondissement. Lesquels acclamèrent en notre nom Sa Seigneurie, sous les caméras de BFM, la Télé du Ministère de la Vérité préférée des gens qui ne sont pas des riens et des moins que rien.

Rassuré par ces déferlements d'amour aussi transi que matinal – le sentimentalisme macroneux est telle la gaule du matin, il surgit dès le réveil et fait de son sujet un authentique porte-manteau -, le Glorieux Orbite Jupitérien put s'en aller En Marche dans les allées tâter de la vache, de la brebis et du perdreau. Des plumes, des poils – ça change de ceux de Benalla – et de gentils électeurs aussi, quelle belle France Potemkine que voilà, songea-il avant que de monter sur un trépied dispenser Sa Bonne Parole devant les caméras amoureuses de l'Etat Rothschild et de ses Neuf Bienfaiteurs de l'Humanité Non Communiste.

S'éclaircissant la voix en suçant une pastille à la menthe, non sans avoir nettoyé ses naseaux cocaïnés avec du sel de mer, Sa Généreuse Suffisance se brancha lors sur le PowerPoint défilant sous ses yeux et débita d'une voix endiablée Sa Geste Paysanne. D'où il ressortit que le glyphosate, cette substance pas encore interdite par les sujets de Sa Majesté, serait prochainement éradiquée de nos vignobles, que le Bio non dégradable deviendrait l'alpha et l'oméga de nos assiettes et que la PAC nous sauverait de tous nos maux grâce à une action conjointe avec notre cher partenaire allemand, grand spécialiste de l'agriculture intensive et du non respect de la biodiversité. Tenez bon, harangua le Grand Mamamouchi des Terroirs, la Transition Nécrologique mes enfants, y'a que ça de vrai, on ira tous au paradis !

Ayant achevé dans un tonnerre d'applaudissements nourris par les robots de l'Intelligence Artificielle ayant été engagés pour remplacer les vrais français dans le public, le Petit Chose descendit de son carton surélevé afin de poursuivre son Grand Débat Débile in situ, et ainsi côtoyer de près du gueux casté par son équipe de communicants. Nous eûmes droit à un agriculteur retraité et handicapé larmoyant dans les bras de notre bien-aimé égorgeur, lequel, retardant généreusement l'heure de l'exécution, lui refourgua quelques tickets de réduction Lidl. Emu, le presque mort s'en alla pleurer dans les bras du roitelet, lequel commanda aussitôt à ses équipes un nouveau costume, celui-ci ayant été maculé de la bave d'un crapaud pas même capable de s'en acheter un.

Après des heures à tournicoter tel un Zébulon et à ânonner des banalités, notre brillant acteur de telenovela, arrivant sur la fin de sa propre batterie, fut rangé par ses gorilles dans sa boite et réexpédié à Dame Brigitte, laquelle, aussitôt le colis réceptionné, l'envoya au pressing et à la désinfection. Après l'orgie de houmous de la veille, devoir supporter un mari sentant l'étable, non merci !


4 commentaires:

  1. Quel talent !
    Excellent, merci !

    RépondreSupprimer
  2. Ah, ah, toujours impec vos termes. C ben vrai tout c'bin's ! 😜❤

    RépondreSupprimer
  3. Excellent cher Christophe la photo parle d'elle même. Vraiment coincé du cul ce macaron.

    RépondreSupprimer
  4. Je vous salue cher Christophe et vous remercie pour ce billet...Une belle et cinglante image de cette parade présidentielle...

    RépondreSupprimer