mercredi 24 octobre 2018

Macron et les contrats saoudiens



Interrogé lors d'une visite au salon de l'Industrie Navale de Défense Euronaval au Bourget, le Président Emmanuel Macron a refusé de s'exprimer sur une possible suspension de la vente d'armes par la France a l'Arabie Saoudite, à la suite de l'affaire autour du crime sur la personne de Jamal Khashoggi, journaliste saoudien exilé aux Etats Unis du Washington Post. Les affaires étant les affaires, le monarque de l'Elysée a refusé de sortir le missel bienpensant de ses collègues allemands, lesquels ont tiré un trait sur la livraison de 400 millions d'euros d'armes à Ryad.

Aussitôt toute la toile tombe à bras raccourcis sur Macron, lui rappelant le deux poids deux mesures de l'affaire Skripal et ses bombardements du premier semestre sur Damas sur la foi de quelques photographies d'enfants prétendument gazés. Il est vrai que là, le petit monarque de la maison Rothschild avait été plus téméraire.

Sauf que nos chatouilleurs de la marionnette Macron omettent de préciser que l'affaire de ce journaliste et donc les accusations émises contre Ryad n'en sont à ce jour qu’au stade de forts soupçons. Que le procès n'a pas eu lieu. Que les preuves accumulées, disons plutôt les faits concordants qui sont tellement criants, nombreux et énormes – il n'y a qu’à se ramasser pour trouver moult signatures saoudiennes sur la scène de crime, on peut aussi se poser la question, ma foi les saoudiens sont-ils vraiment si nuls – que voir un coup monté n'est pas idiot. Et qu’en conséquence ces campagnes médiatiques mettant toutes MBS sur le banc des accusés ne sont rien d'autre que de la propagande.

D'autant que le crime, le seul qui soit avéré, de Ryad, commis avec la complicité des patrons des médias français, tous marchands d'armes, ce n'est pas celui du journaliste – une victime et une seule – mais celui intenté depuis trois ans contre le peuple yéménite – là, on peut parler de dizaines de milliers de victimes, de crimes contre l'humanité et de preuves irréfutables.

Sauf que le Yémen pour les finances de nos grands groupes est une excellente chose. Grands groupes qui bien entendu répondront présents au Davos du Désert qu’organise tout prochainement le prince saoudien. Les contrats de Néom – 500  milliards d investissement, le plus gros chantier mondial actuel, business is business – ca c'est immanquable.

Donc nous eûmes comme toujours un pas de deux à la sauce jésuite. Le Drian hier qui accuse Ryad et punit Bruno Lemaire de Davos du Désert. Macron ce jour qui sort Soupline et adoucit les angles. Donc pas d'annulation des contrats, circulez, y'a rien à voir.

Son clone canadien Trudeau vient de faire à peu près les mêmes contorsions avec son style bien à lui de Ken AB Production, en s'appuyant sur les pénalités énormes liées à une annulation des contrats. Le petit Macron local sort l'argument Bonne du Curé, j'voudrais ben mais j'peux point, oin oin oin.

Bref la comédie des grands bourgeois choqués va laisser place à la seule chose qui compte, le business !

 

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