mercredi 8 août 2018

Est-Ouest, les racines du mal



Eté 2008 – c'était il y a dix ans. Quand on y songe, un été aussi meutrier et historique, autour de deux évènements majeurs.

La chute de Lehman Brothers tout d'abord, dans le droit fil de la crise des subprimes. Qui eut pour conséquence d'injecter un argent public considérable dans les comptes des grands responsables de cette crise ayant mis sur la paille des dizaines de milliers d'américains. Puis de laisser ensuite les banques privatiser des gains records et repartir de plus belle, avec le blanc-seing de tous les gouvernements occidentaux.

L'attaque par le gouvernement de la Géorgie de l'Ossedie du Sud ensuite, sous prétexte de lutte pour la démocratie. Puis le retour de balancier russe, Medvedev faisant échouer les géorgiens impatients de rentrer dans l'OTAN, en mettant leurs armées en déroute.

La guerre fut courte est sanglante : en cinq jours, l'armée russe est parvenue à mettre en déroute les troupes géorgiennes. Au bilan du conflit : plus de 800 morts, 1 700 blessés et 120 000 déplacés, selon les chiffres rapportés par l'AFP.

Un accord de paix négocié par le président français Nicolas Sarkozy a finalement abouti au retrait des troupes russes de Géorgie. Pour autant, Moscou a reconnu l'indépendance des régions séparatistes d'Ossétie du sud et d'Abkhazie, qui avaient déclaré leur indépendance, et y maintient depuis une présence militaire. L'Ossétie du sud et l'Abkhazie avaient déjà défendu leur indépendance lors d'une première guerre contre les forces de Tbilissi – capitale de la Georgie -, après la dislocation de l'URSS au début des années 1990.

On nous compta en France la double geste sarkozyste, sauveur des banques et de la paix sur le front Est. Double mensonge sur fond de soutien inconditionnel d'un vassal de l'OTAN et des USA, ayant réussi d'une part à tromper les épargnants de son propre pays sous le prétexte fallacieux de sauver leurs économies, d'autre part à s'attribuer un succès diplomatique sur le dos de Medvedev et de Poutine tout en alignant mensonge sur mensonge au profit d'un faiseur de guerres transformé en victime.

Là, en cet été 2008 – la chute de Lehman Brothers date du 15 septembre 2008 – se trouvent les racines du mal qui ronge et peut dans l'avenir exploser. Ouvrir en grand la porte aux abus des grandes banques sans contrepartie aucune en leur signant des chèques en blanc d'une part. Avaliser le déséquilibre des blocs en permettant à l'OTAN de cerner les frontières russes par des bases militaires d'autre part. Les fondations d'un conflit ouvert sur deux fronts, économique et militaire, entre Ouest et Est, sont là.

On aurait pu dans les deux cas agir autrement pour le bien des peuples, c'est-à-dire aller dans la direction opposée. Punir les véritables responsables. Sauf que l'un et les autres étaient des alliés.

L'OTAN veut la guerre, sur tous les fronts, sur ces deux-là, et joue au pousse-au-crime. Depuis dix ans elle n'a cessé d'avancer ses pions, et son financeur oligarchique tout autant. L'ennemi, le russe, est désigné, c'est le méchant de l'histoire, le sioux. Le provoquer incessamment fait office de stratégie. Lui, lion de Sibérie, cligne des yeux, bouge peu mais bien. Jusqu'ici depuis dix ans, il tient sa ligne, remporte des victoires indéniables sur plusieurs terrains, mais ses ennemis se rapprochent de plus en plus, ses frontières sont cernées, il lui faut anticiper et faire connaitre à l'avance la liste des représailles en cas de conflit ouvert ou de provocation de trop.

Le lion attendra donc encore. La legende populaire lui accorde dtre hors-jeu, d'avoir le sien en d'autres termes, de ne pas être une carte dans le jeu mondialiste écrit par les mêmes. Soit, c'est une option, une thèse, pas la mienne. On peut dire avec exactitude que les Rothschild ont été au même titre que les ONG de George Soros chassés de la Fédération, que Poutine aide la Syrie et l'Iran. Qu'il milite pour un monde multipolaire au contraire de l'occident sous domination américaine. C'est ce que l'observation des choses telles qu'on nous les montre nous permet de comprendre. Est-ce juste, est-ce sincère, est-ce – je pose la question et laisse chacun y répondre – dans la culture d'un ancien chef du KGB de dévoiler toutes ses cartes. Poutine, souvenez-vous, qui l'a mis en place,n'y a t-il plus d'oligarques en Russie, dont certains sont ses amis proches …

On peut se poser la question et inviter ses lecteurs à réfléchir à ceci. Et si tout ceci ntait qu'un immense jeu de dupes dont la finalité – la guerre, juteuse, sous toutes ses formes – était l'objectif commun. Et si les avancées et reculades observables étaient des leurres. Et si certaines alliances étaient des trompe-l'oeil, au même titre que certaines oppositions. Suivre l'argent, ses flux, ses ramifications profondes, les connexions souterraines des hommes qu'on nous met en avant, très en amont des discours et des postures et des prises de position publiques peut nous mettre sur la voie.

Le jeu, alors complexe, prendrait alors un tout autre sens. Et la suite des opérations deviendrait alors plus évidente à anticiper …

Une limite à notre capacité dmancipation est ce besoin viscéral de se rattacher à un camp, de diaboliser un et sanctifier l'autre, comme dans un western. Faisant ainsi nous demeurons emmurés dans un choix binaire décidé au-dessus-de nous. Réfléchissez-y.


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