vendredi 3 août 2018

Carnets de voyage intérieur en ce monde - Caagazu -1ère partie



Nous traversames la frontière en taxi, sans passer par la case douane, aucun douanier n'étant en poste à l'heure du déjeuner. Et arrivames au Paraguay, à Ciudad del Este, ville frontalière importante, d'ou pendant deux heures nous atttendames un autobus.

Lequel nous lacha à un point étonnant, comme une non-ville, une route droite qui se perd au loin vers on ne sait ou. Chargés comme des baudets, sous un soleil de plomb, près de deux heures pour trouver un toit, une espèce de chambre-garage dans une maison close sur elle-même tenue par un drole de type pas antipathique nous imposant un réveil à six heures du matin.

Levés à l'aube, trente minutes de marche avant de trouver une tasse de café. Puis nous primes un autobus, une heure de route plus ou moins jusqu'à Doctor Leon Majorque, petite ville pavillonnaire ou après deux heures nous nous fixames dans un terrain appartenant à des pompiers, aidés par une charmante et adorable jeune femme, elle-même pompier volontaire. De là, nous montames nos deux tentes et lachames Shadow, qui se fit immédiatement à sa liberte retrouvée sans jamais s'éloigner trop loin du point de ralliement.

De jour nous allions à un petit café équipé d'un wifi. Je commencais tout juste les billets sur mon blog, en produisais alors peu, avais laissé Sundance de coté. C'était comme une aire ou les camions s'arrêtaient pour déjeuner. Après une semaine nous fumes à mon initiative pris en stop par l'un d'eux, qui nous déposa à Caagazu.

Ou nous restames neuf mois contre toute attente.

Nous fimes aussitot la connaissance d'un homme de nationalité chilienne parlant un anglais parfait, qui tenait un restaurant de poulets. Et avec qui je sympathisai immédiatement. Julio nous rendit pendant ce très – trop -  long séjour de très nombreux services, j'aimais aller le voir de temps à autre, un homme d'une grande droiture, en couple avec une femme d'une cinquantaine d'années, paraguayenne, d'excellente éducation et au coeur généreux. Eux deux firent partie d'une liste pas très longue de gens de très grande qualité que je connus à Caagazu.

Nous nous installames sur un terrain attenant à une maison appartenant à un couple avec adolescents, ce furent les deux garcons laissés seuls qui nous autorisèrent à monter nos tentes, le premier soir ils se montrèrent fort accueillants, puis leur comportement à notre égard changea sans raison aucune dès le lendemain. Nous fimes la connaissance quelques jours plus tard de leurs parents, sortes de bourgeois bohèmes, très chaleureux du moins au premier abord, elle surtout. Mais avec cette caractéristique des bourgeois que je connais si bien, ils aiment parler d'eux et t'accueillent pour ensuite te faire comprendre que tu es chez eux et que partir leur rendrait leur confort.

Nous recumes un peu d'argent et pumes prendre une chambre dans une pension familiale ou nous restames quelques jours, jusqu'à ce qu'un après-midi mon Macintosh tombe sérieusement en panne. Personne a Caagazu qui s'y connaisse en mac, la cata, obligé d'aller dans un café wifi pour travailler. Je trouvai un centre de formation ou ils me firent un prix GRINGO  c'est-à-dire dix fois le prix. Pas le choix. De là je lancai très sérieusement du lourd, mes articles sur agoravox et mon blog, tous les sujets les plus sérieux, la puce RFID, les attentats, la Syrie, les élites pédocriminelles, la disparition du cash. Je devins en quelques semaines habitué à la 1ère place du podium sur le média alternatif et vis l'engouement et l'intérêt. Les chiffres grimpaient à toute allure et j'étais on ne peut plus productif, je travaillais tous les jours sauf le dimanche faute de café wifi ouvert.

Un jeune formateur de ce centre, Juan, nous proposa deux chambres juste en face chez ses parents. Nous nous y installames, Néo y resta comme chez lui jusqu au bout, la mamie de la maison l'ayant quasiment adopté. Avec moi ce fut beaucoup plus difficile. Je me rendis vite compte qu'elle nous arnaquait de ci de là tout en singeant la bonne catho qui va à la messe tous les jours. A la troisième arnaque je lui dis les choses en face sans macher mes mots, en quoi suivez-vous les enseignements de la Bible ou il est écrit qu'il faut être généreux envers des étrangers sans le sou. Je lui dis ca les yeux dans les yeux dans sa cuisine, cette femme de pouvoir détesta ca et resta muette sur l'instant. A compter de, elle n'eut de cesse de vouloir m'éjecter tout en me séparant de Néo.

Ils avaient des animaux, trois chats et une vieille chienne qu'ils laissaient dehors et ne soignaient pas. La chienne souffrait atrocement mais ils préféraient investir dans leur jardin et purent grace aux loyers que nous leur apportions faire beaucoup. Ce qui ne la rendit en rien reconnaissante, elle était changeante, parfois gentille, parfois pas, en tout cas fourbe et médisante, je l'entendais parfois me cracher dessus avec sa bonne, sur laquelle en l'absence de cette dernière elle crachait aussi.

Néo comme toujours restait en surface et ne voyait absolument pas les choses ainsi, il se faisait manipuler, elle se servait de lui comme d'un homme de mains. Lorsque conflit il y avait et que j'étais dans mon bon droit il prenait systématiquemenent le parti de la vieille.
Je tombai fou de leur petit chaton, Chaplin, un adorable petit noir et blanc, une machine à ronrons qui dormait presque chaque nuit avec moi. Et qui mourut à l'age de six mois empoisonné par de la mort aux rats que ces cons de voisin avaient mis dans leur terrain. Là -bas le nombre de tueurs d'animaux est dingue, ces gens-là sont des bêtes, laches, veules, mesquins, sous les sourires une horreur. J'enterrai en larmes Chaplin. Ce fut dans la foulée que la vieille m'expulsa, elle osa faire ca, elle la bonne catholique. Je ne lui adressai meme pas un regard et partis.

J'avais avant fait la connaissance de sa fille ainée, une femme géniale, tout à fait sur ma ligne sur le comportement de sa mère, qu'elle même menait à la baguette. La fille ayant des revenus, la mère tracait, fermait son bec et encaissait. Dieu que cette créature était médiocre.

Je pus m'installer – pour plus de quatre mois – en camping dans un immense centre sportif municipal. A coté de la  piaule, incroyablement pauvre, d'un policier et de sa famille, qui aussitot m'accueillirent merveilleusement et se montrèrent incroyablement chaleureux et généreux, eux si pauvres. Le contraire des précédents chez qui Néo était resté.


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