mercredi 1 août 2018

Carnets de voyage intérieur en ce monde - Arraial do Cabo, Brazil



Arrivée après trois petites heures de bus à Arraial do Cabo, petite station balnéaire très connue de l'Etat de Rio. Depuis Rio, sans l'avoir située sur une carte, nous avions réservé une chambre dans une maison à un tarif intéressant. Depuis le centre un taxi nous prend et nous conduit … à trois kilomètres du centre, dans une ruelle en terre avec quelques maisons. Evidemment le gars tente de nous arnaquer en nous demandant trois fois le prix normal. Flairant l'entourloupe je refuse, le traite de voleur, lui tends trois fois moins que demandé, il rale, je l'envoie paitre, il finit par partir.

Accueillis par un couple et un jeune gars, homosexuel et efféminé, du genre folle de mon corps avec une voix fluette et aigue. L'homme, lui, m'est immédiatement sympathique, bel homme, fort drole, tres bien élevé. On dine avec eux, tout se passe au mieux, le lendemain il nous emmène dans une grande ville, nous aide pour faire des achats, se montre prévenant, et particulièrement intelligent.

Problemes au bout d'une semaine, on attend des fonds qui ne viennent pas, les parents s'impatientent, commencent à se montrer froids, les petits déjeuners sont de moins en moins copieux, on a beau leur expliquer la situation clairement, ils me renvoient leur fils efféminé dans les pattes deux fois par jour en mode surdité. Jusqu'a finalement nous expulser à 14 heures en plein cagnard, on traine nos valises, 25 kg chacun, sur trois kilomètres. 

Et la – on tombe sur un ange. Qui nous arrange le coup, nous trouve un hotel pas cher, les sous sont tombés, il nous y emmène en voiture, négocie le tarif à la baisse, on est face à l'océan dans le centre, plage splendide. Et la jeune fille à la réception est un amour, en théorie pas de chat mais la patronne, une vieille conne type, est pas là donc elle nous fait passer Shadow en douce.

Sauf que cinq jours après la vieille débarque, et on est contraints de repartir de nuit, accueillis moyennant finances chez une serveuse assez foldingue et très portée sur le joint. Elle habite avec son jeune fils une petite bicoque dans une favela, ca grimpe sec pour y parvenir, on emménage, elle est drole, charmante, ca commence bien.

Sauf qu force de tirer sur le joint toute la journée la miss se révèle changeante et d'un coup sans raison se met à insulter Neo par SMS et à réclamer du fric en plus. Je lui dis, on se casse, elle est tarée, elle aura pas un sou de plus.

Je retourne voir notre ange gardien, il cherche, on est à la rue, on dort une nuit sur la plage, dévorés par les moustiques, plus un rond, pas à manger, juste de quoi pour avaler un café.

Je trouve un appart appartenant à une famille charmante qui accepte de patienter trois jours, le temps de recevoir les fonds. On s'installe, on reprend des forces, je cherche des fruits et des légumes dans les poubelles d'un marchand, je mangerai comme ca pendant trois jours, ca et les mégots jetés par terre par les gens. Un vrai truc de SDF, bah, il fait super beau, plage tous les jours, moral au beau fixe.

L'argent tombe, on reste quelques jours de plus mais l'appart est cher, je retourne voir notre ange gardien, qui nous trouve une auberge de jeunesse à un tarif imbattable, tenu par deux jeunes, un très beau brésilien et sa jeune et ravissante copine, eux deux passent du joint à la cocaine et se contrefichent de l'argent. On a un super feeling avec eux, on y restera deux mois et quelques, en famille, des tas de gens qui passent, je me lierai d'amitié avec un syrien plongeur adorable, et surtout avec une ravissante argentine à qui je lirai des extraits de Sundance sur la plage, extraits qu'elle adore immédiatement. Natalie, elle restera peu, je comprends qu'elle en pince sacrément pour moi, elle, le syrien la reluque et lui envoie des sms d'amour, elle me demande conseil, je fais l'intermédiaire, désolé gars mais c'est non elle le sent pas, sa cible secrète c'est moi.

C'est là que je commencerai tout, je reprends Sundance, Exode, le troisième volume, 150 pages rédigées en trois semaines, puis la création de mon blog, l'inscription sur agoravox, la chaine youtube, tout est né là-bas, sur des intuitions, jamais eu de plan d'ensemble, sauf que tout converge, les bases de ce succès qui grandit, tout a été posé à Arraial do Cabo pour être complété et enrichi depuis.

Chaque jour un selfie, j'ai une mine d'enfer, hyper bronzé, détendu, j'ai retrouvé le poids que j'avais à trente ans, 68 kilos, 17 kilos perdus en 6 mois, alimentation nickel, que du frais, pas de malbouffe, rien, et puis des caipirinha à n'en plus finir, le soir on se torche et on s'écroule de sommeil.

La plage, chaque jour, des promenades, des photos, un court métrage, mon premier, sur YouTube j'apprends à faire des vidéos-montages, j'en publierai une petite quinzaine, ca prend du temps, mais m'apercois que je suis pas mauvais à l'image, j'y prends beaucoup de plaisir, la matière photo est bonne, le montage fait sens, et le choix des musiques est adapté. Ca reste confidentiel, 5 abonnés à la chaine, j'envoie les montages aux copains de Paris qui m'en font d excellents retours, ca fait rêver c'est sur.

Je les suis depuis ici sur Facebook, les potes, c'est l'hiver chez eux, ils ont pas le moral, fait froid, ils ont des tronches fatiguées, un certain nombre ont pris des kilos, comme moi avant, cette ville et leur vie, à part lui qui rayonne comme toujours, pas glorieux.

A un moment, cela fait quatre mois qu'on est dans cette ville de rêve, envie de repartir,  l'argent le permet, j'ai eu une grosse rentrée de mon travail, on réserve donc deux places pour aller aux chutes d'Igacu, 27 heures de bus, traversée du Bresil, arrêt juste avant la frontière. 27 heures c'est énorme, mais bon, ca passe vite quand on rêvasse tout le temps comme moi, cette vie qui est devenue mienne est si belle et si pleine, je pense à mon ange, resté à Paris, qui progresse encore et encore et apprend, je souris intérieurement, songeant aux retrouvailles, fin 2022 je pense, d'ici quelques toutes petites années …


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