lundi 21 mai 2018

Mai 68 a 50 ans - Bilan



Cinquantenaire de mai 68, ca y est on y est. 50 ans ca laisse suffisamment de recul pour faire un bilan.

Mettons de coté les conquêtes des travailleurs ainsi que leurs combats – à propos desquels on peut au passage remarquer que tout ce qui fut gagné fut depuis grignotté et annulé.
Pour nous intéresser à nos chers libertaires, ceux qui voulaient jouir de tout. Qui scandaient IL EST INTERDIT D'INTERDIRE, ce que l'observation de leurs actes traduirait plus justement par IL EST INTERDIT DE M'INTERDIRE.

Car ces libertaires le furent … pour eux-mêmes et pour leur progéniture. Et à peu près contre tous les autres.

Cette révolution soixante huitarde fut le fait d'enfants de bourgeois voulant à l'époque décorseter la société traditionnelle à la De Gaulle. L'histoire immédiate les fit échouer, une manifestation monstre sur les Champs Elysées leur fit sonner le signal de la fin des luttes et les gaullistes remportèrent les élections législatives avec une majorité écrasante.

La société néanmoins s'ouvrit. Pendant les années 70, sous le règne de Giscard surtout. Ce furent Les Valseuses, Emmanuelle, Le dernier tango à Paris, la naissance des cinémas porno, la libération des moeurs, le désserrage – heureux – des lois sur l homosexualité, les femmes en jeans allant bien plus nombreuses travailler – et donc payer des impots -, l'IVG …
Les femmes se libérèrent, les homos se libérèrent – pas celles et ceux du peuple, dans l'ensemble, en tout cas pas sur le plan écononomique …-, le sexe devint un élément constitutif de la libération individuelle et avec lui l'attirail exhibitionniste, partouzes à la Catherine Millet censées être à la lire une avancée sociétale majeure, marchandisation des corps au travers de la publicité – dont les places importantes au sein des grandes agences furent trustées par des ex soixante huitards devenus des nantis.

Les têtes de pont de 68, Kouchner, Cohn Bendit et consorts, leurs contempteurs à la Seguela révélèrent leur authentique visage de capitalistes pro intégration européenne, celles et ceux qui atteignirent les sommets des pouvoirs politiques, économiques et surtout médiatiques s'y inscrustèrent tels des tiques et ne délogèrent jamais des places conquises au détriment des plus jeunes. On en trouve encore un paquet à la tête de chaines de télévision, de journaux et de web médias pseudo alternatifs.

Cette liberté fut une quete essentiellement individualiste ou la dimension materielle fut telle – ces gens-là adeptes de l'affranchissement sont des obsédés de l'héritage – que toute dimension spirituellle – sans meme parler des religions – fut non seulement exclue mais posée comme ennemie. Ils luttèrent contre les curés et firent rentrer dans la bergerie un nouveau clergé, celui du laicisme d'état et du capitalisme à la sauce US.

Dénigrant les églises ils s intéréssèrent de très près à nos charmants bambins a un age fort jeune afin de leur faire intégrer une nouvelle religion – la leur. Ou il ressort que ce qui fut perdu en termes de savoir et de niveau culturel fut réequilibré par d'autres sujets o combien plus fondateurs – sexualité, apprentissage d'un métier en préparation à l'entrée dans le monde capitaliste, acquisition de compétences prêt-à-l emploi etc.

Il s'agissait donc – à bien traduire les slogans publicitaires de l'époque – de remplacer une chaine – traditionnelle – par une autre. Plus sournoise, et bien plus serrée. Quelque chose qui à les écouter de nos jours a à voir avec une forme de dictature qui ne dit pas son nom. Celle de la bien-pensance et de la pensée unique ou si tu ne penses pas comme je le dis alors tu es un … facho.

Facho. C est le mot qui tue, l'anathème et leur mantra. Leur obsession numéro un – point commun avec les frères trois points. Ils voient des facismes partout, des nazis aux quatre coins de rue, des antisémites, des homophobes, des racistes et des beaufs. Ils exècrent les nationalismes, leur grand Satan, qu'ils assimilent a des chemises noires. Ca permet de rester dans l'entre-soi et dans le camp du bien. Ca exclue, ca terrorise, avec les méthodes des censeurs de l'avant mai 68 qu'ils ont repris à l'identique en les durcissant.

Daniel Cohn Bendit et Romain Goupil – inutile de vous les présenter – viennent en smokings et noeud papillon de présenter sur les marches du Festival de Cannes leur documenteur, La Traversée. Une traversée de France. De la leur. Avec un francais parmi d'autres, un sympathique quidam, ancien banquier de son état au casting, qui se nomme Emmanuel Macron.

Un symbole qui résume admirablement bien ce cinquantenaire libertaire. 


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