Un
couple dans une voiture, sur une autoroute. La femme, France, croit avoir vu
une femme se précipiter entre les voitures. Elle veut en convaincre Vincent,
son compagnon, mais ne parvient qu'à le faire sortir de ses gonds. Ainsi, sur
une aire de repos, Vincent jette France hors de la voiture et s'en va. Bientôt,
France rencontre Charles, un homme occupé à démonter le moteur de son véhicule.
Elle s'approche de lui, alors qu'il veut rester seul. Elle insiste, il
l'insulte. Elle s'en fiche, elle reste. Une dépanneuse vient chercher la
voiture de Charles. Direction : un relais autoroutier. France suit Charles.
Celui-ci, peu à peu, se sent attiré par cette femme...
Deneuve
Depardieu, le couple du mythique Dernier métro à contre-emploi dans le premier
long métrage de François Dupeyron. Elle surtout. Larguée. A l'ouest. Mythomane.
En vison et baskets dans une station essence d'autoroute. Attendant
désespérément le retour de ce mari qui s'est débarrassée d'elle comme d'un
chien encombrant. Vie stoppée, entre camions et automobilistes, en mode pause.
Lui,
le Gérard, sur un arrêt, il démonte son moteur. En panne lui aussi. Plus envie
de rouler, simplement comprendre le mécanisme. Cette femme plus que borderline
l'attire, il ne parvient à s'en éloigner, elle tente de le chasser, il tente de
la faire revenir à la raison, formule à voix haute ce qu’elle ne veut ni ne
peut entendre, elle se débat, le fuit, puis lui revient.
Drôle
d'endroit pour une non rencontre en somme. Ces stations essences sont comme des
haltes dans la vie moderne, des parenthèses, des endroits ou par définition il
ne se passe rien. L'homme occidental est fourbu, il s'y arrête et y reprend des
forces. Le scenario de Drôle d'endroit raconte cette pause, cette non histoire,
ce rien, cet entre-deux avec ces deux-là à qui il confie des rôles ordinaires,
des rôles quotidiens.
Elle,
Deneuve, hérite d'un personnage à la Geena Rowlands. Une femme sous influence,
il y a de ca. Deneuve, dans ce rôle tout à fait inhabituel pour elle, fait
davantage que surprendre, elle que d'aucuns pensent froide se lâche, elle n'est
que nerfs et griffes dehors. Immature, parfois hystérique, en tout cas au bord
de la dépression, elle révèle ici une étonnante fragilité que Téchiné seul dans
sa filmographie est parvenu à laisser poindre, mais pas à ce point.
Quant
à Depardieu, il est comme un piton, un repère stable, une épaule et une main
secourable. Bien qu’à l'arrêt il incarne la solidité, la fiabilité. Il est l'ami
sur qui on peut compter, celui qui ne mâche pas ses mots, celui qui n'hésite
pas à se mettre entre parenthèses pour aider l'autre.
Lorsque
le film s'achevé, un gout d inachevé, et un parfum de plénitude en contrepoids.
S'est-il passe quelque chose, que fut donc cette histoire … Drôle d'endroit
pour un film, étranges personnages …
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