samedi 14 avril 2018

Chefs d’oeuvre du 7ème art - Amadeus



En 1823, se sentant responsable de la mort de Mozart trente ans plus tôt, Antonio Salieri tente de se suicider. Incarcéré, il se confie à un prêtre. Tout débuta lorsque Salieri entendit parler de Mozart pour la première fois. Il était alors compositeur officiel de la cour de Vienne et décida de le rencontrer à Salzbourg. Salieri découvrit ce jeune musicien, adolescent paillard et scatologique, dont le comportement, qu'il jugeait hautement révoltant, tranchait singulièrement avec sa musique et son indéniable talent artistique. Salieri comprend rapidement que ce jeune surdoué arrogant constitue une réelle menace. Bien qu'il admire le génie de Mozart, il tente par tous les moyens de l'évincer ...

Cet absolu chef d'œuvre signé Milos Forman – lequel vient tout juste de partir aux cieux – conte le combat fratricide et souterrain mené par un chambellan soumis à l'autorité contre un pur génie de la grande musique, l'immense Mozart, génie adulé des le plus jeune age et qui connaitra un sort funeste et une mort prématurée.

A la cour autrichienne tirent en coulisses les ficelles quelques prélats et autres serviteurs de dogmes, notamment sur le plan musical, et ce Salieri, tâcheron en poste démodé par ce jeune Amadeus, s'essaie à censurer ou à limiter la liberté artistique d'un authentique génie novateur. Les combats conduits par Mozart attaquent bille en tete la bigoterie, et font plus que flirter – il l'était – avec la franc-maçonnerie, dont il se défera sur le tard. L'enlèvement au sérail est comme une déclaration de guerre au bon gout, et La flute enchantée une authentique ode à Lucifer – la Reine de la Nuit ! 

TROP DE NOTES, lui rétorquent les médiocres, ne pouvant attaquer la richesse virtuose de la partition, mais jamais Amadeus ne met pied a terre, lui est prêt à tout pour suivre cette œuvre colossale, énorme, majestueuse, lui le filou vulgaire a Dieu avec lui, l'inspiration lui vient vraiment d'en-haut et d'ailleurs ira jusqu’à le dévorer. Don Giovanni, authentique déclaration d'amour à un père absent, lui permettra au dernier acte de se juger lui-même, la statue du Commandeur le fera vaciller, lui Don Juan amoral se pensant au dessus de Dieu se fera in fine rattraper, et le sublime opéra s'achèvera sur ca, cette mort, ce génie qui tombera dans les flammes de l'enfer.

Construit comme un thriller musical commençant par l'aveu du criminel Salieri s'auto-accusant du meurtre de Mozart, Amadeus, sublimement mis en images par Forman, nous plonge dans la vie impétueuse et tumultueuse d'un artiste libre qui s'en va entrer en lutte et contre ses démons et contre un pouvoir qui tente de le corseter et qu’il finira par fuir contre ses intérêts ici-bas. 

Chassé de la cour, malade, abandonné, l'immense Mozart continuera jusqu’à son dernier souffle à composer et sa vie s achèvera sur son œuvre la plus bouleversante, ce Requiem pour lequel il va lutter de toutes ses forces restantes afin de s'élever vers Dieu, ce Dieu qui toute sa vie durant lui a donné son inspiration, contre lequel il ricana tant par le passé, et qu’il re-trouvera aux tous derniers jours.

Admirablement interprété, couvert d oscars, récompensé par un triomphe planétaire, cet Amadeus, le meilleur film à mon sens de son auteur, est une déclaration d'amour à la fois à la grande musique et à un de ses plus grands compositeurs. Une œuvre bouleversante et inoubliable.


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