mercredi 28 mars 2018

Chefs d’oeuvre du 7ème art - Mullholand Drive



Un couple dansant un twist ou un charleston dont les silhouettes en formes d'illusions d'optique se reproduisent et se multiplient sur fond d'écran aux teintes mauves. Avant ce premier plan post-générique made in Hollywood d'un drap ou plutot d'une couverture ocre, plutot couleur vin, et en-dessous une respiration saccadée, quelqu'un cauchemarde, le film peut véritablement démarrer dans la tête de l'inconscient d une …

Une limousine noire se détache sur ce qui semble une autoroute – Mullholand Drive, la majestueuse route qui surplombe l'usine à cauchemars sataniste qu'est Hollywood, ce bois sacré – et glisse dans la nuit noire. A l'intérieur, une star brune vêtue de noir. Phares aveuglants, collision, la femme sort titubante et guère blessée puis talons en mains descend dans la ville endormie.

Quartiers riches. A l'aube elle se faufile dans une maison étrangement ouverte et y fait la rencontre d'une jeune apprentie star – laquelle va les conduire outre sur les plateaux de cinéma de l'autre coté du miroir. Sur le versant sombre, de l'autre coté des apparences, là ou l'on comprend l'inversion, le faux, le trafiqué de tout, les castings mensongers ou THIS IS THE GIRL est imposé par de mystérieux financeurs invisibles à un réalisateur salarié. Avec un telephone qui sonne dans le vide …

Ou de l'autre coté du mur de ce petit restaurant US se terre un monstre au visage de Yeti. 

Ou chacun trompe chacun. 

Ou les mystères et les ombres inquiétantes, un sheriff tres étrange, un drole de détective, une bien trop souriante voisine au chignon bien mis …

Jusqu'au Silencio, cabaret ou de nuit nos héroines amantes se rendent pour assister au spectacle bouleversant d'une chanteuse latino americaine faisant … semblant. Eh oui, le dessous des cartes d'Hollywood est un play back, la chanteuse s'effondre tandis que les deux spectatrices pleurent tellement le chant est beau, et celui-ci continue.

Alors une petite boite carrée qui tombe au sol, la camera pénètre le cube énigme qui tombe au sol, les dés sont jetés et nous revenons au point de départ, la blonde héroine et fausse star se réveille de ce long rêve cauchemar. Et un à un tous les personnages déja visités dans son rêve reviennent en scène avec de nouveaux roles o combien plus cyniques, l'amie-amante brune est une star, la blonde sa coiffeuse et la brune l'emmène la-haut, empruntant en limousine à nouveau Mullholand Drive, elles descendent de voiture, la brune la prend par la main et de nuit lui fait gravir la colline …

Jusqu la villa du metteur en scène ou se tient un diner ou cette oie blanche va connaitre une humiliation atroce.

Nous avons pénétré des les premières minutes un univers abject et impitoyable peuplé de démons et d'êtres en perdition livrés à leur ego et dont les reflets sont faux. Cet Holly-Wood corrompu tue les ames, macule les sentiments, extermine les fragiles, fait commerce des corps, il ne manque au portrait qu'une allusion à la pédocriminalité et tout y est.

Musique hypnotisante d'Angelo Badalamenti pour accompagner cette lente et fascinante plongée dans les enfers de l'ego et du crime, l'illusion est partout, totale, tout est inversé, les roles, les mots, sous le masque et le mascara les maux. 

Lynch en bon peintre plasticien compose une symphonie d'ombres, de couleurs et de lumière ou nuit et jour se complètent dans la matérialisation d'un réel mensonger. La lumière non seulement n'éclaire pas l'ombre mais elle l'ancre, c est la fausse lumiere que celle de ces projecteurs, la lumière de Lucifer sur laquelle cette frêle petite jeune femme blonde va se bruler.  


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