lundi 5 mars 2018

50 ans de cinéma SF - I Robot



En 2035. Les robots sont devenus les très précieux auxiliaires des humains. Le détective Del Spooner, qui n'apprécie pas ces machines omniprésentes, est chargé d'enquêter sur le décès du professeur Hogenmiller. Ce spécialiste en robotique a été retrouvé mort à proximité de son laboratoire. Le principal suspect est un prototype de robot nommé Sonny, ce qui ne manque pas de laisser les autorités perplexes. En effet, tous les robots sont conçus pour obéir aux lois de la robotique, qui les empêchent de mettre la vie d'un homme en danger. Del Spooner comprend que si des machines pouvaient passer outre ces lois et devenir libres de leurs actes, l'humanité tout entière risquerait de se retrouver esclave des robots...

Adaptation libre de romans du grand Asimov, ce film futuriste mâtiné d action avec la star Will Smith est signé Alex Proyas, cinéaste du o combien réussi Dark City, dont il constitue comme un complément.

Intelligence artificielle donc en un régime d’état policier ou la machine parvient comme dans Frankenstein à prendre le pouvoir sur son créateur. A force d’avoir voulu se prendre pour Dieu, voilà le scientifique assassiné par sa créature, laquelle parvient à se déprogrammer de la fonction obéissance. Les robots auraient donc une ame, tout du moins un libre arbitre …

A l’heure ou ceux-ci, je parle de 2018, sont déjà sur le marché au point d’avoir pris la place d ouvriers dans certaines usines – je ne parle point des caisses automatiques dans les hypermarchés mais bien de robots dotés d’une intelligence artificielle – la question, d’actualité donc, mérite bel et bien d’être posée. Et si ces machines construites par l’Elite se retournaient contre elle et notamment contre nous, nous qu’à terme elles ont pour mission de remplacer …

Certes nous sommes loin d’un Blade Runner, la production fut labellisée Hollywood et le cinéaste, conservant une magnifique esthétique et usant en orfèvre d’une caméra agile, fait quelques concessions au cinéma publicitaire grand public. Mais sur le fond, le message est globalement le même. Oui les robots ont une ame, oui ils constituent un danger, non la créature n est pas contrôlable, oui nos élites jouent avec un feu qui peut à terme tout détruire. Le totalitarisme est patent, latent, le Terminator est à double tranchant, et l’humain n est pas forcément le seul a véhiculer des émotions. On peut aussi avoir conjointement un humain qui se robotise par ingénierie sociale et un robot qui s’humanise, et la frontière poreuse revêt d’évidentes inquiétudes. Lesquelles devraient dans un monde qui marche à l’endroit poser d’entrée de jeu plus que des limites, et un questionnement éthique au-dessus des desiderata des grandes fortunes, lesquelles se situent clairement au dessus des lois du commun des mortels.

Lorsqu’un monde donne ses clefs aux puissants et non aux plus sages, il prépare sa propre auto destruction du fait d’expérimentations hasardeuses. Au-delà de la question de la foi ou de son absence, il s agit d une question éthique universelle qui devrait être laissée dans les mains des sages et des philosophes et d’eux seuls. Et les artistes, tel cet Alex Proyas, sont la pour nous alerter et nous éclairer bien en amont sur notre devenir.


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