vendredi 2 mars 2018

50 ans de cinéma SF - eXistenZ



Allegra Geller, une jeune créatrice de jeux virtuels, a mis au point le programme «eXistenZ» qui, comme tous les jeux de cette ère futuriste, se connecte directement sur le système nerveux via un «bioport». Attaquée lors d'une démonstration par un fou muni d'une arme organique en os et dents, qui lui tire dessus en proférant «Mort à la démone Allegra Geller», elle prend la fuite en compagnie d'un certain Ted Pikul, un employé chargé de la sécurité. Pour vérifier que l'unique copie de son logiciel n'a pas été endommagée lors de la fusillade, Allegra demande à Ted de jouer avec elle à «eXistenZ». Découvrant que le jeune homme n'est pas équipé de bioport, elle le convainc de s'en faire poser un. La partie va pouvoir commencer...

Le génial David Cronemberg reprend après Le Festin nu puis Crash le chemin de lanticipation en abordant une fois encore frontalement le corps et ses différentes manipulations génétiques ou technologiques. Thème numéro un de son oeuvre. Ici un programme de jeux qui fait pénétrer chacun dans un univers virtuel prenant la place du réel et fonctionnant à partir de la peur. 

Une armada comique de PLUGS ou PLOTS, un mamelon console de jeux, un plug en bas de la colonne vertebrale que lon enfonce dans son propre corps, un pistolet à dents … Sodomie dorsale, clítoris en guise dorifice, tout un arsenal de sex shop fort amusant et utilisé avec une économie de moyens et deffets spéciaux, le film revendiquant son caractère un peu fauché au travers dune esthétique volontairement pauvre nous indiquant que cet univers totalement virtuel ne vaut pas grand chose face au réel que lon fuit.

AnXiété et plaiZir du jeu eXistenZ qui fonctionne sur le système nerveux se substituant entièrement au spirituel et à la réflexión, le joueur allant même jusquau cyber-sexe et adoptant des postures totalement étonnantes, aux frontières du grotesque, un peu comme on tord un tuyau en tous sens. Déshumanisation volontaire jouant sur les instincts et le désir de fuir le réel pour lui substituer un environnement ou langoisse et la bandaison sont les deux volants de la calèche. Faire mumuse, voila le choix, la vie dans un parc Disney, je bosse je joue je sors je dors.

Le jeu devient donc une mécanique minable atrophiant lhumain pour lasservir avec une esthétique de supermarché. Et Cronenberg, drolatique et quelque peu prophète, au lieu de dénoncer, ricane de ses personnages prisonniers du Dieu Mécano auxquels ils se sont adonnés tels des moutons tendant leur cou à leur égorgeur.

Comment ne pas voir dans eXistenZ une parabole sur ce monde livré au virtuel, aux technologies asservissantes, aux jeux vidéos débilitants, aux fictions totalement assourdissantes, débiles et déconnectées du réel avec ces super héros malsains et ce vacarme et ces lunettes 3D. Un monde de bébés cadum immatures avec des peluches et des petits lapins. Une civilisation de consommateurs totalement abrutie prête à dépenser un SMIC pour un téléphone rempli despions qui te balance direct dans les neurones des ondes archi toxiques.

Un Monde sans foi, sans Dieu, sans culture, sans conscience. Un monde déshumanisé ou les brebis achètent leurs chaines et foncent tels les rats du Joueur de Flute vers la falaise en rigolant comme les Minions et en chassant les Pokemon …


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