lundi 26 février 2018

50 ans de cinéma SF - Starship Troopers



Incompris voire rejeté à sa sortie en 1997, Starship Troopers du génial réalisateur hollandais Paul Verhoeven – Basic instinct, Total Recall ou Elle – n en finit pas tel les meilleurs crus de se bonifier en épousant admirablement l époque contemporaine qu il devoile et décrypte avec des années d avance.

Au XXIVe siècle, une fédération musclée fait régner sur la Terre l’ordre et la vertu, exhortant sans relache la jeunesse à la lutte, au devoir, à l’abnégation et au sacrifice de soi. Mais aux confins de la galaxie, une armée d’arachnides se dresse contre l’espèce humaine et ces insectes géants rasent en quelques secondes la ville de Buenos-Aires. Cinq jeunes gens, cinq volontaires à peine sortis du lycée, pleins d’ardeur et de courage, partent en mission dans l’espace pour combattre les envahisseurs. Ils sont loin de se douter de ce qui les attend.

Tel est le pitch de ce brulot drolissime intergalactique attaquant bille en tête l impérialisme américain et au delà anglo saxon … en le rattachant directement via une esthétique Leni Riefenstahl – la cinéaste préférée de tonton Adolf – au nazisme.

Car ces bellatres males ou femelles tout droit sortis d un sitcom hollywoodien et envoyés tels des insectes à l abattoir, qui sont-ils sinon une armée envoyée volontairement par des puissants tranquillement installés dans leurs salons d ultra riches, lesquels se comportent en colons sans scrupules avec des intentions hégémoniques. Et qui sacrifient avec délectation de superbes éphèbes décervelés tous passés au rouleau compresseur de la manipulation mentale chère à Monsieur Mengele et à la CIA.

Le lien entre les maux est fait et montre sans dissimulation par l esthétique rigolarde du cinéaste l entourloupe, lequel pointe avec justesse les fils existants entre différents totalitarismes, l un ayant le pouvoir de financer tous les autres et d envoyer dans la gueule du loup les enfants d Amérique. Car ces insectes géants, évidemment que nos marionnettistes adorés et grands bienfaiteurs de l humanité les connaissent et ont – comme dans les Alien – volontairement envoyé au casse pipe leurs ouailles.

Le Mal à l etat pur de ces Elites qui se terrent derrière l ecran, et auxquelles, magie du cinéma et de la projection dans le sens fort, Verhoeven nous associe dans un jeu macabre et drolatique. On en vient à rire de ces benêts qui s en vont combattre juste après avoir vu leurs camarades se faire déchiqueter comme des agneaux.

Des moutons tout juste bons à être déchirés en mille morceaux tripes à l air, voilà ce que toi humain tu es pour nous qui t avons formé, deformé plutot au point de t avoir oté toute aptitude à réfléchir. Des moutons serviles et fiers de l etre, aussi bas de plafond que des GI armés jusqu aux dents et qui foncent tete baissée dans le napalm.

En attendant ces combats c est bon pour le moral et surtout pour le business. Car ces armes elles se vendent et c est nous qui avons les clefs du coffre. 

Lancés sur une planete sans Dieu, ces êtres sans cervelles s en vont au nom d intérêts o combien supérieurs se faire occire et ainsi trouver leur place dans le plan du NOM, ce Nouvel Ordre Mondial si cher aux complotistes et conspirationnistes de tout poil.

Dont ce malin de Verhoeven évidemment n ignore rien …


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