mercredi 28 février 2018

50 ans de cinéma SF. Bienvenue à Gattaca




Dans un futur proche, la société est divisée en deux : une sous-classe, résultante de naissances naturelles, et une classe dominante, dans laquelle les individus sont nés génétiquement modifiés. Le héros, Vincent, est le produit de la reproduction naturelle et souffre d’une insuffisance cardiaque, lui laissant une espérance de vie de 30 ans. Vincent défie son destin et entre sous une fausse identité à Bienvenue à Gattaca, un programme d’entraînement destiné aux astronautes en vue d’une mission spatiale. Vincent emprunte l’identité génétique d’un athlète paralysé (Jérôme). Lorsque l’un des superviseurs de Gattaca est assassiné, les enquêteurs découvrent la présence de l’ADN réel de Vincent. Il devient suspect et fait tout pour continuer à agir masqué. L’assassin est finalement rattrapé, Vincent dépasse l’âge de 30 ans et parvient à réaliser son rêve d’astronaute.

Le cinéaste Andrew Niccol fait partie de ceux pour qui le cinéma d’ anticipation n a point besoin d’une surabondance d’effets speciaux et de trucages mais sert au contraire à traduire notre futur immédiat à partir d’observations de notre civilisation contemporaine et de ses excès.

Déterminisme génétique et eugénisme donc sur fond d’état policier totalitaire ou l’homme est au travers de son ADN manipulé pour créer une caste de demi dieux séparés de l’ensemble des autres, appelés ici les Non Viables.

Cette fiction composée dans un style intimiste ou la Cité Gattaca est comme suspendue dans les airs par une esthétique éminement asseptisée résonne comme un miroir réfléchissant l’époque selon nos bienveillants ultra-riches, lesquels, et c est actuel, ont financé des projets scientifiques équivalents ou presque. 

Transhumanisme, robots, GPA, fécondation en éprouvettes, les avancées ne manquent pas et comme on dit, les produits sont actuellement sur le marché. Le Monde Gattaca est bel et bien en passe de devenir notre réalité et ce que nous le voulions ou non.

La manipulation passe par l’ADN et donc par le corps que l’Elite s est réappropriée, jouant à Frankenstein et séparant tel Dieu le bon grain de l’ivraie. Le film expose le parcours d un Non Viable se faisant passer pour un Viable, c est-a-dire pénétrant par nombreuses et quotidiennes effractions additions dans son propre corps avec lequel il joue comme un apprenti sorcier.

Qu y gagne t-il et qu y perd t-il, son corps, son ame, le récit nous conduit nous spectateurs complices de cet être en proie à ses désirs les plus chers à nous poser pour nous mêmes cette question proprement existentielle. Le jeu de projection propre au cinéma pousse à l’identification avec Ethan Hawke, et nous voila au sens fort conduits a questionner la Matrice de l intérieur, à questionner nos chaines mentales et spirituelles.

Belle et profonde proposition cinématographique aue celle proposée par le cinéaste que de suggérer à chacun de ses spectateurs la question majeure du CHOIX. As-tu envie et à quel prix de rentrer dans la cage ou optes tu pour la dissidence, ami … Le Bien ou le Mal, l’illusion du bonheur au sein de Gattaca ou la vie éternelle avec la préservation de la pureté de ton corps et de ton ame …  


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