mardi 2 janvier 2018

Qui se souvient de François Hollande ?




A l’heure où résonnent sur nos chaines les trompettes de la geste macronienne, que reste-t-il, que pouvons-nous bien retenir des cinq années de celui qui fut son patron avant de devenir son prédécesseur, à savoir l’homme du Bourget qui se fit élire sur un slogan aussi épique que mensonger : mon ennemi c’est la finance ?

Entre le vacarme sarkozyste et le clairon de Jupiter c’est comme si entre les deux  il n’y avait eu rien ou si peu, comme un trou de cinq années, une simple courroie de transition permettant la fusion entre une droite et une gauche aussi soumises l’une que l’autre au grand capital, et se redéployant enfin dans une certaine clarté prétendument centrale. 
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Car quelle fut bien l’utilité de ce descendant de Jacques Delors dans notre histoire récente sinon de tuer dans l’œuf les restes de ce PS d’Epinay ainsi qu’il l’avait confié dans Un président ne devrait jamais dire ça, de l’envoyer de synthèse en synthèse dans la gueule toute puissante de l’Union Européenne et vers les intérêts bien compris d’une politique de l’offre aux seuls intérêts des grands groupes dédiés. Que reste-t-il de ces cinq années que l’on puisse inscrire dans la colonne de gauche ? 
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A peine candidat que déjà l’élève Macron avait par Attali interposé intégré le cerveau du comptable en chef que demeura cinq années durant ce si peu président si tatillon, qui lui confia le logiciel et lui fit fabriquer de jolies boites à outils orthodoxes. Dont le même actuellement sur le trône actualise les versions.
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Hollande, ce fut son drame et sa chance, fut élu pour faire tomber celui d’avant, auquel il passa presque quatre ans à se référer comme s’il s’agissait d’un épouvantail. Sarkozy l obsédait encore quand nous l’avions déjà jeté aux oubliettes, et il n’eut de cesse de se perdre en combats imaginaires avec un combattant aussi perdu que lui. On nous les conta jusqu’à la lie vivre leur revanche, rejouer 2012 en 2013, 2014, 2015 et 2016. Pendant ce temps-là, rien ou presque : Léonarda, au revoir Valérie – bonjour Julie, quelques dizaines de frondeurs, un ou deux 49.3, deux trois mois d’empoigne pour rien à propos d’une mesure sur une déchéance de nationalité concernant peu ou prou 20 à 30 personnes sur le sol ... Et puis on est arrivés au bout des cinq années… 

Dont on ne retient pas grand-chose …

A peine parti, son fils spirituel l a en deux heures effacé de l’histoire. C’est fou : cet homme dont le fils ainé disait qu’il ne savait jamais par quelle porte son père sortait d’une pièce a quitté un Palais comme s’il n’y avait jamais habité dans une parfaite indifférence. 

Il fut comme placé là pour tuer le socialisme réel, pour tuer l’espoir du peuple de gauche qui lui fit confiance, il déçut les espérances au-delà-de tout, perdit un an et demie à naviguer à vue à coups d’augmentations d’impôts, tourna à bâbord début 2014 en se faisant livrer un cap censé apporter prospérité et justice, redressa quelque peu les comptes puis égara les clefs. Au final, un sentiment de vide, de rien ou de pas grand-chose, une France un peu paumée qui se réveille parfois groggy entre deux manifs le temps d’un attentat et qui s’enferre dans des querelles d’un autre temps.

Cinq années durant Hollande demeura le joueur de GO des mouvements de nerfs d’un PS dont il fut autrefois onze années durant le G.O, le propre commentateur de sa tactique auprès de la presse, le mec qui dans la salle des quatre colonnes intervient à tout bout de champ sans forcément prendre du champ. Avec Sarkozy dans le poste, l’écouter pour mieux couvrir ses rodomontades de nos indignations était un sport, avec son successeur, changer de chaine une habitude. Cet homme qui parlait trop cherchait trop ses mots, tout était sorti au Bourget en quelques enflammées, il avait là tout donné, il ne lui restait plus que les fiches cuisine.

Pourquoi donc était-il venu là, pour quoi faire, quel était donc son plan, à ce Hollande, à part prendre le job parce qu’il le valait bien a ses propres yeux ? Qu est-ce qui nous avait pris de le repeinturlurer en président crédible lors des primaires de 2011, de le voir tel qu’il n’avait jamais été avant et ne redeviendrait pas à peine élu ? Depuis vingt ans qu’on l’avait dans les pattes on savait pourtant a qui … Mais non : pendant les campagnes on oublie tout …

Devant le vide du bilan (en faire un résumé se limiterait presque à comparer deux comptes d’exploitation à dix lignes) la question mérite d’être posée, Et aussi renvoyée à la tronche de l’électeur qui l’a totalement oublié : a-t-on jamais vu dans notre Vème République un ex président aussi peu ex ? 

Comme si le costume d’ancien titulaire de la fonction était également trop grand pour lui.


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