samedi 9 décembre 2017

La peau de chagrin Wauquiez




Reprenant à la hussarde l UMP à Chirac, le Sarkozy de 2004 (13 ans seulement) avait été élu avec plus de 85% des voix, sur fond d’adhésions en flèche et de montée d’un vrai mouvement populaire. Dans ses valises, une cohorte de jeunes loups aux dents bien affutées, loups et louves aussi, Dati, Lefebvre, Morano, Pécresse, Copé, tant d’autres …

Et ce cher Laurent Wauquiez…

Reconnaissons à Sarkozy version décennie précédente un certain charisme, une capacité à entrainer et, surtout, pour la période pré avènement en 2007 à l’Elysée, un authentique travail de fond ayant, à l’époque, marqué une rupture tant idéologique que programmatique avec l’ère Chirac, le tout mâtiné d’un rouleau compresseur auto promotionnel particulièrement efficace.

Il semble – il s’avère – que depuis ce titanesque travail rien à droite n’ait été fait, hormis des batailles d’ego et des guerres d’écuries, la quasi-totalité des vassaux de l’ex président l’ayant un a un quitté comme on abandonne une chaussette trouée, et lui-même ayant depuis belle lurette perdu sa baraka. La guerre de succession Fillon Copé fut un point d’orgue de cette absolue absence de cap sur fonds de magouilles, et la primaire de 2016 ou l’on vit le candidat porté par les sondages écrasé par un petit chose de la Sarthe cerné par de vieilles casseroles un must de suicide collectif.

La tentacule Macron (cette clarification du jeu ou droite et gauche se confondent en leur centre depuis des lustres se sont faites aspirer par le plus parvenu d’entre tous) a eu pour effet salutaire la quasi disparition d’un PS moribond, ou pendant 5 ans on vit à quel point la division et les chicaneries des egos répondaientt à la tromperie des électeurs dupés par cette ennemie de façade, la finance. Un congrès dans une cabine téléphonique, le parti d’Epinay en prend le chemin.
La droite renommée Les Républicains en prend le même chemin, avec à sa tête ce Wauquiez qui, cheveux teints en gris depuis plus de dix ans s’en va prendre le cheval du cortège le plus réactionnaire de celle-ci, un peu comme s’il n’avait conservé de l’héritage du RPR que Versailles et jeté a la rivière le POPULAIRE du slogan UMP. Car quoi : que reste-t-il sinon une peau de chagrin au parfum Sens Commun dans ce futur groupuscule à la renverse ? Et quelle comédie que de voir ces petites peaux, AGIR et autres, quitter le navire sur la pointe des pieds ? 

Recroquevillé sur des questions rabougries qui le déportent parfois à la droite du FN, le patron de la région Rhône Alpes, arriviste chevronné et politicien old school, n’a toujours pas compris que l’odyssée à laquelle il promet son véhicule lui fera se prendre le même mur que celui que se sont mangés ses camarades socialistes. Se ratatiner sur soi, son milieu, son passé, son identité d’avant-hier : beau projet !
La ligne du gugusse, ultra-liberal quand ça l’arrange, vieux jeu sur toutes les questions sociétales et intransigeant avec les pauvres et les démunis sauf à l’heure de la messe, a de quoi séduire Marie Chantal à Lyon et désespérer Marcel partout ailleurs. Ce plus grand diviseur commun a donc bien perdu son sens, le commun mais aussi le politique, pour à ce point égarer le manuel de survie de tout mouvement : élargir, dit ce dernier en avant-propos, telle est la règle de quiconque veut un jour entrainer 50% plus une voix. Or Wauquiez ne cesse de cracher et de nettoyer la petite moquette qu’il foule de ses pas, et laisser derrière lui appuis et alliés. On peut légitimement se demander où ce mec a appris son métier …A la CGT sans doute …

Ce sarkozyste niveau CP n a compris de son maitre que le bras de fer et ignore délibérément la phase dite de séduction ou il convient d’aller monter sur des tréteaux pour convaincre le quidam. Avec son look bon gendre et sa verve belliqueuse, il ne prêche que les convaincus – rien que le mot devrait le mettre sur la voie.

Il finira sans doute exsangue et se livrera après deux ou trois ans d’un combat poussif aux sirènes de la petite Marion, laquelle a au moins l’avantage d’être enfant de son siècle. Anachronique fils spirituel sans autre spiritualité que le dogme d’un missel guère mis à jour, le futur patron des Républicains aura de toutes manières avantages et retraites garantis pour sa famille et pour lui jusqu’à la fin de ses jours. C’est déjà ça et cela suffit amplement.  


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