samedi 28 octobre 2017

Merci Socrate !


Une caractéristique des gens peu surs d’eux est leur extrême difficulté à reconnaitre leurs torts et à faire tout naturellement demi-tour. Coincés dans des postures et la main dans le pot de confiture, les voilà qui biaisent, se dérobent, mettent la nappe par-dessus la tâche et font comme si de rien était. Sauf que l’erreur (pas mortelle, une erreur, un péché de jeunesse ou de vieillesse, une connerie ou plusieurs quoi !) demeure et qu’avec les ans elles s’accumulent. En reconnaitre une revient alors à compter d’un certain âge à les reconnaitre toutes, et ces apôtres de l’apparente confiance en soi auraient alors le sentiment d’être à poil.

Alors que c’est justement l’inverse qu’il convient de faire, dire j’ai eu tort, je me suis fourvoyé, ok je me suis comporté comme un imbécile alors je rebrousse chemin, je demande pardon et on s’embrasse et on efface.

Sauf que ce truc tout simple, ben non, tellement inhibé que peut pas. Je les vois, les comme ça, j’en connais un sacré paquet, les as des postures qui à la moindre épreuve de vérité s’écroulent ou tremblent, un cote grosse flippette qui me fait plutôt rire, je trouve ça attachant, un peu grotesque parfois, genre la Lucette du 20eme, là ya vraiment de quoi rigoler, pas à ses dépens mais en soi, parce que bon, le décalage entre l’apparence et la réalité est tel que tu te dis c est mort, question de karma, le pli est pris ca bougera jamais.

Plus jeune on peut – il peut s’il s ôte les doigts du cul, sauf que pas formaté pour donc la vie qui va être sympa envers lui risque de le mettre en situation d’être contraint de le faire, suffit d’attendre patiemment. Il s’est pris de sacrés revers en public, faut dire le petiot il l’a bien cherché mais bon, a à un moment une fois distribues les coups de pied au derche être adulte, je veux dire quand tu es un adulte tu passes l’éponge et tu lui rappelles le meilleur de lui, qui n’est pas rien, oh que non. Donc le formatage explosera en plein vol à un moment, la case confort yaurapu et là, ok le gosse comprendra.

C’est drôle la vie quand tu maitrises le sens, je veux dire la signification profonde des choses, des rencontres, qui sert à quoi et à quelles fins, pas simple de voir le plan d’ensemble, on est peu, je suis pas le seul loin de là mais on est archi minoritaires à avoir accès à la connaissance à la fois du plan d’ensemble, de comment ça marche la vie, de comment le temps fait les choses pour nous, de comment ça s’insère les éléments du puzzle. Faut un sacré travail perso à la fois sur soi et sur les choses, comment ça marche une âme humaine, le conscient, l’inconscient certes mais aussi la dimension spirituelle de chacun, les énergies en nous - l’érudition et la curiosité certes mais aussi la faculté à fouiller le réel et à remettre ce qu’on croyait savoir en cause en permanence. Peu dire que cela me passionne, j’adore apprendre, apprendre sans fin, de l’autre, du monde, des choses. Me distraire à présent m ennuierait presque tellement je trouve que quêter le sens du monde et de l’infini de la connaissance est géant.

Merci Socrate, mon gars si je t’avais pas autant lu en fac mais jamais j’aurais su faire ça. Etre demeuré aussi jeune intellectuellement, à 52 piges, tenter un truc, se planter, reprendre l’ouvrage, deuxième erreur, troisième et là HOP bingo : le calendrier pas simple mais le truc d’ensemble oui, ça je comprends plutôt bien, pas 20 sur 20 oh non, faut toujours avoir à progresser sinon c’est la mort.


Se tromper, raturer, biffer, rebrousser chemin : le pied ! Vraiment la philo, la grecque surtout, Platon, Sénèque, Aristote et Socrate, putain les mecs je vous aime ! Combien je plains les gens qui n’ont pas cette curiosité intellectuelle, que leurs vies sont monotones par comparaison. 


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