samedi 21 octobre 2017

Le Lot : mes racines


Je suis originaire du côté paternel d’une des plus belles régions françaises, le Quercy, plus précisément du département du Lot.
Le Lot est un fleuve, il va vers le Lot et Garonne et croise donc la belle Garonne. Dans mon département il irrigue une terre généreuse et agricole, très verte et riche d’une multitude de couleurs, de l’ocre au vert sombre, celui des vignobles.

Cette terre est riche de petits villages en pierre lumineuse, comme de la craie orangée, de vieilles églises aux clochers surplombant les collines, de sentiers sans fin ou il fait bon flâner à bicyclette, de petits restaurants ou ce qu’ on sert à table vous fait redécouvrir ce que manger ou boire veut dire, de grands prés parfaitement entretenus. Tant d’autres beautés.

Les gens du Lot sont des gens ouverts, tolérants, fort drôles, et sous leurs dehors bourrus assez voire très fins, et résistants dans l’âme. On ne compte point les politiciens et les artistes nés dans ce pays, citons Louis Malle ou Maurice Faure au hasard. On ne ferme pas sa porte à double tour en général, on ne craint guère le loup, la violence est quasi inexistante, c’est comme un havre de paix cerné par des régions plus troublées, une région ou les riches retraités anglais ont d’ailleurs beaucoup acheté avant de commencer à revendre depuis peu du fait de leurs difficultés économiques.

Cette terre est – fut - celle de mon grand-père Maurice qui n’est plus mais demeure vivace en mon cœur. Qui habitait dans les années de la 1ere guerre mondiale une remise fort pauvre avec sa mère, son père et sa sœur et son frère. Il me conta cent fois être allé à l’école communale par temps d’hiver en sabots, deux fois 6 kilomètres à pied, seul, bambin.

Je viens donc d’une famille pauvre, très pauvre. Mon arrière-grand-mère mourut dans la désolation, je n’en dirai pas davantage. C’était une sainte femme. Elle priait avec son rosaire toute la journée, sept jours sur sept.

La maison d’été, celle où nous allions passer un mois avec ma petite sœur en juillet, cette maison des grands parents demeure en ma mémoire non telle que mon père à qui elle appartient désormais l a abimé en voulant la moderniser, mais telle qu’elle fut en ces merveilleuses années 70.

Elle n’est pas belle mais revêt un charme fou. Surtout, elle est posée en hauteur dans un parc ou abondent des arbres fort nombreux et fort distincts. Le soir, on se pose sur l’herbe pour écouter le chant des grillons en regardant les étoiles.
Je suis et demeurerai toujours cet enfant de la campagne aimant autant faire de la bicyclette a la tombée du soir et se baigner nu dans le Lot, comme j’ai pu le faire à nouveau en juillet de l’année dernière. Ce pays me fait me soulever de bonheur, c’est la France telle que je l’aime, je connais et suis apprécié de tous les villageois, ici c’est chez moi, ils savent que le petit Christophe, celui qui écrit, celui qui est aussi libre que le fut autrefois son grand père (les gens de Prayssac me le disent, que je suis le plus proche de lui dans l’esprit) fut celui qui prononça l’oraison funèbre du grand père qui émut tant.

16 ans après on m’en parle encore.

Ma Mamou y est encore, elle va avoir cent ans d’un jour à l’autre. Elle appelle l’homme de sa vie, Jésus Christ et chaque jour lui demande de l’emmener avec lui dans une mort paisible. 16 ans qu’elle survit à son ancien époux, 16 ans qu’elle attend ces retrouvailles.

Accorde lui cela O Jésus, exauce-la, je t’en conjure. Qu elle parte en paix dans son sommeil, ma grand-mère adorée. J’ai su, l’an dernier, en octobre, quand je suis allé la voir, que ce serait la dernière fois que je la verrais. Je l’ai senti, en ai pleuré en la quittant sur la pointe des pieds et puis ai ravalé mes lames.

Elle demeurera, ma Mamou, comme mon Pépé, que je suis allé visiter sur sa tombe en juillet il y a 15 mois (je t’ai déposé, souviens-toi, un petit lapin en peluche…) toujours en mon cœur.





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