mardi 24 octobre 2017

Géant Depardieu !


Lui, Gérard, le Dieu de Depardieu, le Gros Gégé comme on l’appelle, l’ancien petit voyou de Châteauroux, le fiston du Dédé à qui il rendit un si bel hommage dans un livre … Lui le partenaire et ami de l’immense et regretté Patrick Dewaere, le mec hyper sexué des Valseuses, l’élève de Jean Laurent Cochet qui lui apprit la diction, lui l’ami de Duras, de Barbara, de Truffaut, de Pialat, de Jeanne Moreau, de tout le gratin du cinéma français, tous les meilleurs l ont adopté, adoré, aimé, repéré, fait tourner et pas qu’ une fois, pensez donc, dans les 70s, Bertolucci dans 1900 avec De Niro comme partenaire, Sautet aux cotés de Montant et Piccoli, Barbet Schroeder Resnais (Stavisky), Ferreri, Gainsbourg, la liste est dingue, aucun équivalent, aucun !

Lui, le Grand Gérard Depardieu, je l’ai, je t’ai toujours connu, admiré, suivi, je connais à peu près tout de toi, ai zappé quelques navets mais suivi l’homme, ses aventures, ses femmes, Elizabeth, Carole, Fanny, la classe, t ai vu au Zénith aux cotes de Barbara puis avec Fanny jouer Henry James. Ai été un spectateur assidu de tes rôles immenses des années 80, à mon sens ton meilleur cru, Le dernier métro et La femme d’à côté de Truffaut (Mathilde, la façon dont tu prononces ce prénom … la scène ou Fanny s’évanouit dans le parking du supermarché, puis plus tard dans le cours de tennis ), Tenue de soirée, Danton (le rôle de toi que je préfère, ta voix cassée à la fin …), l’Abbé Donnissan et son corps que tu flagelles, et la petite Bonnaire en Mouchette, Sous le soleil de Satan de Pialat, quel chef d’œuvre, et puis Police du même, la tristesse à la fin dans la voiture, la symphonie de Goreki, à pleurer…

Il y en a tant, comment tout citer, jusqu’à ce Cyrano, sommet en effet, qui du coup te fit ralentir et aller sur d’autres terrains, les vignobles, les affaires, les restaurants, car non content de créer rencontres et projets tu fus et demeures un homme qui fait, qui entreprend et donne du travail à des familles en France.

Alors oui, les leçons des scribouillards, de ce pauvre Ayrault, le truc ou on (c’est qui ces ON ?) te reproche l’exil fiscal (à ce niveau c’est confiscatoire, t’es le contraire d’un spéculateur tu fais rêver les gens !), ton amitié avec Poutine (cet homme en a et dans le pantalon et dans la tête, pas un ange mais classe et fascinant je fais plus que cautionner). Et puis Guillaume, Guillaume bien sur … Et puis Julie …

Et puis quoi, on parle d’un géant, d’un homme qui aura incarné  le haut du panier du répertoire, Dumas, Balzac, presque tout y est passé, et il est encore là, et il rit, rit avec ou de nous pauvres français vendus et soumis à l’oligarchie, il parle à juste titre de parc à jouets pour touristes c’est ça, c’est exactement ça, il dit ça en riant, car il a beau peser cent et quelques il reste léger, Gérard, sa part féminine est là, oui, il en a parlé et avec des mots somptueux, cet homme qui fit peur aux femmes tant il fut sexué est un amoureux des femmes, regardez ses partenaires, ce qu’ elles disent de lui, Adjani, Deneuve, Huppert, Bonnaire, toutes, il les a toutes eues ! Ecoutez la grande Catherine, revoyez les sur cette aire d’autoroute dans Drôle d’endroit pour une rencontre, elle en vison et baskets, borderline, et lui à ses côtés, moteur en panne, qui prend soin d’elle …

Destin incroyable, caractère inouï, curieux, de tout, amoureux de tout, l’ami du regretté Jean Carmet, autre buveur invétéré à l’humour paillard et léger, qui il nous manque Jean ! A l’heure des médiocres Depardieu (nom du destin) demeure le plus grand, résistant dans l’âme, se refusant à obéir à tous les diktats de la bien-pensance occidentale, raillant Hollandouille, glissant sur nos lâchetés, ne se montrant guère sensible à ces avis à deux francs six sous, il passe outre et hausse les épaules, incarne ce retraite pauvre qui part à la recherche de ses fiches de paie dans Mammuth, je me souviens cette scène dingue dans le supermarché quand il bloque sur un type allongé au sol : immense, il ne fait rien et tout passe, l’humanité dans cette position du corps, bouleversant et tragique se mêlent, c’est d’une poésie, il n y a que lui pour faire ça. Avec rien.

Je ne te connais pas mais te connais, tu es dans ma vie depuis mes 7  ans, j’en ai 45 de plus alors considère moi comme un ami, cher Gérard. Merci pour tout, tu es un modèle pour un homme qui aime écrire des romans et qui d’ailleurs t a réservé un rôle dans celui que je tiens pour le meilleur, Auguste, ministre sous Giscard, un rôle à ta mesure, un homme lourd de pouvoir et un père de deux jumelles, fasciné  par l’une d’elles, petite princesse à l’ego surpuissant. Et puis un autre pour Fanny, ton épouse dans le roman, en apparence soumise mais en apparence seulement, une sainte femme, qui reste aux aguets et protège les siens, dans le consentement.

Faire se réunir à nouveau les héros, MES héros de La Femme d’à côté, Bernard et Mathilde, en Auguste et Suzanne : je rêve, oui. C’est ce qui est beau et fou, le rêve ne coute rien, donc j’y crois. C’est ça le cinéma donc la vie quand on a pour modèle un homme de ta tempe : croire en ses rêves et les réaliser en déplaçant des montagnes !


1 commentaire:

  1. Pour moi, Cyrano, et Le Retour de Martin Guerre, les Valseuses, Sortez Vos Mouchoirs...
    Un grand bonhomme qui n'a aucune leçon à recevoir de personne, surtout de la part de branleurs, incapables de faire quoi que ce soit de leurs 10 doigts, de produire quoi que ce soit... incapables, tout court.
    Quoi de plus normal, au fond qu'il est prit la direction de la Russie! Seul pays, aux portes de l'Europe, encore capable de se targuer d'une véritable souveraineté...

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