jeudi 5 octobre 2017

50 ans de cinéma SF : Rencontres du 3eme type


J’avais 13 ans quand sortit Rencontres du troisième type, ce chef d’œuvre du grand Steven Spielberg. Dont la carrière avait débuté par Duel, géniale allégorie sur le mal frappant à l’aveugle (une curiosité dans sa carrière), Les dents de la mer (comme une resucée du précédent sur les plages) et Sugarhill Express.
Cette rencontre est celle de l’homme et de l alien, un alien bon et doux et bienveillant, celui d ET, celui de l’enfance, cette part de lui-même que jamais Spielberg ne voulut abandonner et qui lui fit engager dans la distribution son ami François Truffaut, l’homme des 400 coups.
Donc symphonie dans la nuit en Indiana de soucoupes éclairées volant telles des sylphides au son d’une partition de cinq notes magiques. Sons chantés par une foule immense en Inde, signe des cieux, contact avec l’au-delà, du ressort spirituel sans doute. Lacombe (Truffaut) traduit ces sons en langage des signes d’après la technique de Zoltan Kodaly. Puis un télescope reçoit des signaux indiquant ds coordonnées terrestres. Pour le scientifique nul doute : il y a une vie dans l’espace et cette vie cherche à entrer en contact.
L’enfant/le personnage – Spielberg, nous, spectateurs – est fasciné, il vit seul avec sa mère dans une maison isolée au milieu d’un champ immense. Un soir que le ciel se couvre de reflets roses et fluorescents, l’altérité extraterrestre s’en vient le chercher puis l’appeler dans le ciel. Disparait l’enfant, emmené dans les nuages se repliant dans le ciel. La scène, celle de la maison assiégée par la Présence invisible avec tous ces appareils électriques qui en même temps s’affolent,  la scène de l’enlèvement (le grand enlèvement biblique …) puis du vaisseau invisible se repliant – cette séquence inouïe, surnaturelle, tout s’y télescope, merveilleux et frayeurs enfantines, science-fiction et textes sacrés, culture américaine de base et traditions ancestrales. L’artiste Spielberg, admirablement inspiré, livre ici une des séquences les plus magistrales de sa carrière.
La mère, accompagnée de Richard Dreyfuss, s’en va donc en quête du ciel rechercher son enfant et au-delà toucher l’au-delà. Car ce 3e type auquel le titre se réfère peut être autant l’habitant mutant d’une planète autre que le créateur de nous autres créatures, un créateur o combien bon et bienveillant qui s’en vient par signes délivrer un contact – le toucher à la fin entre les doigts fait clairement écho au doigt d ET, ce doigt lumineux d’amour.
Il y a dans cette peinture rose de l’Amérique sous l’égide du monde de l’enfance certes une immense candeur. Mais est-ce un mal que de voir et de peindre et de brosser le bien, de voir de l’amour là où les hommes cèdent à la haine et fomentent comme tant d’autres films de SF et d’anticipation le clament de funestes plans ? En cela le cinéaste à la casquette est bel et bien dans un genre o combien distinct, le frère de François Truffaut, ce peintre des sentiments, autre peintre de l’enfance, souvenons-nous de L’enfant sauvage. Il est celui qui fait rêver et réveille la part d’enfance enfouie, celui qui émerveille, fait s écarquiller les yeux, fait taire les ricaneurs et les grincheux.
40 ans après sa sortie, toujours ce même sentiment à contempler quelques extraits. Le temps n’a pas de prise sur toi, murmure Steven, conserve ta part d’enfance même si ce monde est fou, regarde les Etoiles, contemple le ciel et mets y ce que tu veux, ce dont tu rêves…






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