jeudi 28 septembre 2017

LES POSSEDES - Dostoïevski avait tout dit.


Le génial Fédor Dostoïevski, mon écrivain préféré, écrivit LES POSSEDES en 1871/72 soient 45 ans avant la Révolution Russe financée par qui on sait. Et parle de notre époque, celle qui se déroule sous nos yeux. Génie visionnaire et génie tout court que cet auteur les pieds dans la glaise mais la tête dans les étoiles.

«La première chose. Il y a deux catégories : ceux qui se tuent soit par chagrin, soit par dépit, soit les fous, ou n'importe... Ceux-là c'est subitement. Ceux-là pensent peu à la souffrance mais le font subitement. Et ceux qui le font par raison, ceux-là pensent beaucoup. - Mais est-ce qu'il y en a qui le font par raison ? Énormément. S'il n'y avait pas le préjugé, il y en aurait davantage ; énormément ; tous.

« Je vais vous faire rire : la première chose qui agit énormément c'est l'uniforme (...) Puis la force suivante, c'est bien entendu, la sentimentalité. Vous savez chez nous, le socialisme se répand principalement par sentimentalité (...) et enfin la force principale - le ciment qui lie tout - c'est la honte de son opinion personnelle. 

« De son côté, chacun des groupes actifs, faisant des prosélytes et s'étendant à l'infini par des ramifications latérales, a pour tâche par une propagande systématique de dénonciation, de saper le prestige des autorités locales, de provoquer dans la population le doute, de faire naître le cynisme et le scandale, l'incroyance absolue en toute chose, la soif d'un sort meilleur et enfin même s'il le faut, se servant de l'incendie comme d'un moyen populaire par excellence, de plonger le pays au moment prescrit dans le désespoir.

« La vie est souffrance, la vie est peur, et l'homme est malheureux. Aujourd’hui tout est souffrance et peur. Aujourd’hui l’homme aime la vie parce qu'il aime la souffrance et la peur. Et c’est ainsi que cela a été fait. La vie se donne aujourd'hui au prix de la souffrance et de la peur, et toute la duperie est là.

« Tous sont malheureux parce que tous ont peur d'affirmer leur liberté. Si l'homme jusqu'à présent a été si malheureux et si pauvre, c'est parce qu'il n'osait pas se montrer libre dans la plus haute acception du mot, et qu'il se contentait d'une insubordination d'écolier.

« Il m'a toujours semblé que vous me conduiriez un jour dans un endroit habité par une monstrueuse araignée de la taille d'un homme, et que nous passerions toute notre vie à regarder l'araignée en tremblant de peur. Et que c'est à cela que se réduirait notre amour.

« La charité pervertit et celui qui la fait et celui qui la reçoit, et de surcroît elle n'atteint pas son but parce qu'elle ne fait qu'augmenter la mendicité.
Mon ami, la vérité vraie est toujours invraisemblable, le savez-vous ? Pour rendre la vérité plus vraisemblable, il faut absolument y mêler du mensonge

« Il y a des choses [...] dont non seulement on ne peut pas parler intelligemment, mais dont il n'est même pas intelligent de commencer à parler.

« Lorsque L'Homme tout entier aura atteint le bonheur, il n'y aura plus de temps qu’il sera inutile». Une idée très juste
- Ou donc le cachera-t-on ?
- On ne le cachera nulle part. Le temps n'est pas un objet. Il s'éteindra dans la raison.


« Il ne s'est jamais encore vu que tous les peuples ou plusieurs entre eux aient un dieu commun, mais toujours chacun a eu le sien propre. C'est le signe de la destruction pour les nations lorsque leurs dieux deviennent communs. Lorsque leurs dieux deviennent communs, les dieux et la foi en eux meurent en même temps que les peuples eux-mêmes. plus un peuple est fort plus son dieu est particulier .Jamais encore il n'y eut de peuple sans religion, « c'est-à-dire sans la notion du BIEN et du MAL » et ses propres bien et mal. Lorsque de nombreux peuples commencent d'avoir des notions communes du bien et de mal, alors ils s'éteignent.



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