mercredi 9 août 2017

LA PORTE DE L’ENFER - 2eme partie - 11 -


Elle reposa le bol de café rempli et ferma les yeux. Un petit vent sifflait entre les
plinthes, et le froid caressa délicatement ses cheveux emmêlés.
Puis elle ferma les yeux.
Son corps avançait entre les caveaux. Un rai de lumière argentée transperçait
l’obscurité, découvrant, en ombres réfléchies sur la pierre, la présence muette de
communiants, agenouillés.
La porte de la crypte était grand ouverte, et le plafond de la petite chapelle
béant sur un ciel étoilé. Les muscles de ses jambes remuaient sans que sa volonté
intervienne. Elle se sentit aspirée par un souffle, vers l’intérieur, comme un drap
livré aux vents.
Elle était à présent de l’autre côté du miroir.
Le couvercle du cercueil s’était soulevé, découvrant un vieillard assoupi, le
visage blafard. Ses mains jointes reposaient sur son ventre. Tout son corps était
recouvert d’une fine couche de poussière blanche, que le souffle du vent
soulevait délicatement.
Elle s’avança vers lui, mais la distance semblait ne point diminuer d’autant de
mètres que ceux qu’elle parcourait réellement. Un éclair illumina le lieu et elle vit
le corps se soulever lentement. Le vieil homme ouvrit la bouche et, psalmodiant,
la regarda. Son visage traduisait une peine immense, des sanglots se mêlèrent à
la complainte. Elle voulut pleurer à son tour, mais n’y parvint point
Elle ouvrit les yeux. La tasse reposait, fumante, sur la table. Elle avala le café, puis
se dirigea vers la penderie. Sans réfléchir elle attrapa un tailleur long et un pull en
laine.
Elle s’habilla, passa dans la salle de bain laissée dans la pénombre, s’approcha
en tâtonnant du miroir.
Elle enclencha l’interrupteur, saisit un tube de fond de teint.
Délicatement elle appliqua une fine couche de rouge sur ses lèvres, rendant plus
transparent encore le derme de la peau. De longues cernes se détachaient à

l’ombre des yeux.



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