jeudi 6 juillet 2017

Néo : mon Ami et mon Frere


Notre rencontre date du 8 juillet 2006 : il y a 11 ans jour pour jour.
Il y a peu, très peu d’êtres dans une vie qui s’avèrent essentiels, et il faut du temps et des épreuves pour pouvoir avec toute la distance et la hauteur de vue nécessaire le savoir. Tout ne vient qu’avec les ans, au début on n’entrevoit guère que les premiers élans, l’enthousiasme, on reste encore dans les prémisses, on s’amuse, on ne pense pas à tout ce qui va suivre. Le plus souvent on croit naïvement que « c’est pour la vie » : et a la 1ere épreuve tout pete.

Nous avons suivi le chemin inverse et ensemble, séparément puis en nous retrouvant un nombre élevé de fois, avons vécu deux, trois, cinq guerres, des échappées et des chutes, des passions et des bouderies, avons tenté différentes formes de combinaisons pour finalement parvenir à la meilleure d’entre elles, celle que nous vivons enfin sereinement : la plus belle et la plus forte des amitiés que l’un et l’autre ayons jamais vécue.

Aussi différents que complémentaires mais profondément convergents sans être fusionnels, nous partageons l’essentiel sans nous confondre : vivre librement, ne pas nous fixer de maitre, rester en éveil et curieux sur notre époque et sur nos origines, savoir partir à temps, ne pas nous laisser marcher sur les pieds, et aimer la vie en la prenant du bon côté. Il n’y a qu’à Néo que je pouvais faire cette proposition folle, tombée neuf mois dans sa vie après le décès de son père dont il s’était occupé deux longues années jusqu’à se sacrifier. Je lui ai dit : tu as assez donné et assez souffert comme ça, moi aussi, alors viens, je t’emmène vivre un rêve éveillé pendant des années.

Il a immédiatement dit oui. Je ne connais personne qui aurait été capable comme lui de tout lâcher pour s’envoler pour de bon. Mon choix était (et chaque jour le confirme) le bon. Le voir (comme moi) aussi épanoui et léger fait chaud au cœur. Car le temps où il veillait sur son père n’est pas si loin, et j’ai mille souvenirs des efforts insensés qu’il lui prodiguait alors et du courage que ça lui demandait.

En 11 ans nos vies nous ont changé en profondeur sans attaquer le cœur, au contraire. Affirmés tous deux avec un socle de confiance en soi diffèrent (l’un quitta l’école à la fin de la 3e, l’autre obtint 2 diplômes universitaires) du fait du regard de la société, nous avons des centres d’intérêts convergents nombreux sans forcément aimer les mêmes choses. Son érudition et sa curiosité intellectuelle, sa clairvoyance par rapport à tant de sachants, et sa connaissance de « la vie » et des êtres me scotchent. Du coup échanges il y a dans les deux sens et c’est formidable.

On a peu d’êtres qui comptent, seuls les temps de guerre permettent de répondre posément a cette question, en temps dit de paix on est dans le confort et la friends attitude. Il est mon âme sœur, le frère que je n’ai pas eu et un compagnon de route et de partages idéal.

Je serai heureux quand il sera en mesure de me présenter un compagnon pour lui, et pense qu’il en sera de même dans l’autre sens. Il connait le nom (et a déjà vu …) de celui qui occupe mon cœur et trouve que c’est un excellent choix. On verra ce que la vie nous réserve, on y croit.


Ce soir : whisky avec les enfants Bento pour fêter ça. Merci la vie pour ce 8 juillet de l’an 2006 : à compter de ce jour béni d’entre tous, nos vies ont pris un tour absolument surprenant, et, avec le recul, assez magique.


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