mardi 4 juillet 2017

Lâcher prise


Le propre du choix de l’indépendance que j’ai fait il y a maintenant 22 ans est de ne jamais se sentir lié ou obligé ou contraint de faire ce qu’autrui souhaite m’imposer. Et ce quelle que soit la personne et son degré de proximité avec moi ou le contexte et ses arguments. On peut juger ceci de telle ou telle manière mais j’ai toujours été on ne peut plus clair, et ai quelque raison de penser après 22 ans à mon compte que j’ai accumulé suffisamment de bagages et d’expériences pour l’assumer et le faire savoir sans fierté certes mais aussi sans complexes.

Pourtant, je suis régulièrement confronté à des proches qui, pour telle ou telle raison, s’obstinent avec moi à tenter de prendre le guidon et à contrôler cette liberté qui est mienne pour me faire rentrer dans leurs cases. J’ai beau à leur égard exprimer clairement ce qui précède, rien à faire, ils me refont année après année exactement le même sketch. Quelque chose en eux ne veut tout bonnement pas entendre.

J’ai récemment estimé qu’il était grand temps de ne plus perdre mon temps à répéter inlassablement le même mantra à des sourds volontaires. Ces « proches » (les guillemets s’imposent d’eux-mêmes) épris de liberté pour eux-mêmes ont quelque difficulté à l’admettre pour autrui ? C’est à la fois leur affaire et leur limite, et je ne me sens fort heureusement plus lié à quelque obligation de réponse. J’ai ma vie, ma place, mon rythme, mon calendrier, mes intérêts et mes choix de vie, exactement comme eux ont les leurs, et le sentiment de me montrer plus transparent dans l’expression de mes intentions. Qu’importe s’ils s’obstinent, s’énervent, s’emportent ou s’impatientent. Peu m’importe s’ils entendent ou comprennent de travers : chacun est à sa place et sur le fond même des choses on ne doit rien à autrui.


La vie est faite de surprises et de rebonds, insulter l’avenir est un comportement adolescent. Celui que tu as aimé un jour, demain tu peux le haïr et après-demain le retrouver. Les êtres sont sur notre chemin non pour une vie mais une séquence de celle-ci, ils t’accompagnent soit en t’aidant à avancer plus vite, soit en te contraignant à faire du surplace pour que de toi-même tu parviennes à les distancer puis à te transcender. Chacun a sa place sur l’échiquier, et il faut du temps pour solidifier l’indépendance du pion. On n’en a jamais fini avec l’autre avant le dernier souffle, autant alors laisser les choses se faire, se défaire, se reconstruire d’elles-mêmes sans forcer la main. Lâcher prise est le meilleur moyen d’obtenir ce qu’au fond de soi on désire le plus : la paix intérieure et la juste distance.


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