vendredi 28 juillet 2017

AMAR ou l’amour brisé


L’écran est blanc, lumineux, aveuglant. Deux corps enlaces, ils ont 20 ans, elle et lui, et s’étreignent et gémissent et murmurent. C’est la naissance de leur amour. Ça se passe en Espagne.

Aux premières scènes de lumière vont se succéder lentement d’autres scènes plus grises. Cette coloration va prendre tout le film jusqu’a sa fin, et le poison de la société, des parents, des conventions, du passe, de la reproduction des attitudes parentales, de la vulgarité ambiante, des potes… Tout va gangrener cet amour et laisser in fine les jeunes amants exsangues et incapables de commettre l’acte jusqu’ au bout.

Lui est fils de grands bourgeois, ses parents l’ont inscrit en droit, mais il ne suit que son cœur et s’en va faire un stage non rémunéré chez un artisan horloger. Cette infinie patience lui permet dit-il de poser son esprit, d’entrer en lui. Lui se donne à elle, radicalement, entièrement et sincèrement.

Elle, son père est parti, elle vit avec une mère larguée affectivement dont elle est la confidente. Les rôles sont inverses. Un beau-père falot complète le tableau familial. Elle est en fac, on ne sait ce qu’elle fait ou pourquoi, elle a suivi le troupeau, semble ne s’intéresser a rien en profondeur. Ses copines sont toutes de gentilles pestes obsédées par le plaisir, sortie, picoler, draguer des mecs, se maquiller et se faire sauter. Elles ricanent de cet amour auquel elles me croient pas, et se gaussent des détails que la petite leur livre sur ses ébats.
Elle n’a pas le bagage pour vivre cet amour, transgresse l’intimité, se distrait trop, ne sait ce qu’ elle veut, se montre changeante, je veux je veux pas, une petite princesse comme maman. Plus jeune donc encore écervelée. Ils font un break, elle le trompe, le lui dit avant, joue avec ses nerfs et ses sentiments, le rend fou, littéralement.

Le trompe.

Puis le temps fait son travail. Elle lui revient, exprime ses regrets, trop tard,. Lui est déjà ailleurs, le deuil est fait.

Elle s’en ira probablement vers une petite vie comme sa mere, avec un mec puis plaquée, un petit boulot, des petites soirées. Seule a la quarantaine et plus d’amour. Pas sa faute si elle n’a pas été élevée vraiment mais comptable de ses actes. Triste.

Lui au contraire qui s’est choisi et s est donné les moyens pourra se relever une fois le deuil passé. Lui sait que l’amour véritable est une pépite rare dans un chemin de vie auquel il faut tout donner et qui autorise tous les débordements. A la fin il est en pleurs mais sans regrets.

Comme une suite de LOVE de Gaspar Noé. Même fin déchirante. L’amour fut, il n’est plus. Celui ou celle qui souffrit le plus s’en sort la tête haute, et l’autre pleure de regrets dans sa tête sans pouvoir obtenir ce jouet qui jamais n en fut un. L’amour libertaire – FIN.

Amar – 2016 – Film espagnol réalisé par Esteban Crespo avec Natalia Tena, Greta Fernández




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