jeudi 15 juin 2017

Violences sur une élue : une histoire de blaireaux


Une élue, ancienne ministre de l’écologie, certes par le perdreau de l’année mais bel et bien une des plus ouvertes sur o combien des sujets dans une famille politique qui se radicalise, fait campagne, en ballottage défavorable, sur un marché d’un arrondissement aisé de Paris. Quand survient un quidam. Qui violemment l’insulte, lui jette à la figure ses tracts, puis se barre en bon blaireau dans la première bouche de métro.

L’élue tombe, reste évanouie de longues minutes. Il fait une chaleur harassante. Des photographes s’approchent, appuient sur le bouton, envoient leurs clichés en quelques minutes à leurs rédactions. Lesquelles publient ca aussitôt, arrêtent leurs programmes, font leurs vierges effarouchées, avec la photo en question bien en vue en arrière-plan.

Aussitôt des internautes s’indignent. De cette double violence que subit l’élue. Celle de l’agression. Celle de la photo, des photos en est une aussi. Plus sournoise. Mais tout aussi insupportable.

Ca flaire bon « La mort en direct » en mode light, le film de Bertrand Tavernier avec Romy Schneider. Les chacals sont de sortie, en chacun de nous. Celui qui (le troll anonyme) qui sort du bois et s’en va courageusement agresser une femme. Celui qui (acolyte du troll téléspectateur) appuie sur le bouton et envoie le cliché.

Et puis ces donneurs de leçons anonymes, ceux de BFM et consorts, qui s’indignant en vivent, au point de mettre le focus. Indignes : comme toujours. Et ça plastronne, et ça fait comme si : blaireaux bis, va !

Triste spectacle que celui d’un pays entrainé sur la pente d’une sale téléréalité. Le poisson n’est plus malade que de la tête, à nos corps défendant on est sommés de voir et d’avoir un avis depuis la chambre à coucher. Ca s’indigne ou ca ricane mais c’est le show. Une élue se fait molester et le pays est pris en otage, jusqu’à la prochaine violence. Car de violences il ne s’agit que de ça. Physique. Psychologique. Politique.

C’est devenu monnaie courante. On y est tant habitués. Une gifle a Valls, une insulte à Mélenchon. Des horreurs sur Marine Le Pen, qu’on ne supporterait sur aucun autre élu. On n’attaque plus les politiques mais les individus, on en fait un show, on se gausse, on mate : et ce faisant, collectivement on s’abaisse. Hanouna Circus everywhere ! C’est si drôle, Loana de Loft Story avec 15 kilos de trop et qui sort d’une cure de desintox : ça soulage, le malheur des autres …

Je ne suis pas un fan de la dame, loin de là, bien que je lui reconnaisse un certain cran vu ce qu’est devenu son « camp ». Je lui souhaite, au-delà d’un prompt rétablissement, qu’elle regagne son siège de députée. Que cette sinistre affaire ouvre les yeux des électeurs de sa circonscription.

Le dégagisme, la violence, la vulgarité, l’esprit moutonnier : c’est bon, faut passer à autre chose les enfants. La cible c’est pas eux, c’est vous et moi. Ne vous trompez pas de combat, et soyez un peu digne a défaut d’être éclairés. LREM c’est du carton-pâte, du pareil au même. Alors un siège de plus ou de moins … Rendez lui justice, à la dame, et permettez-lui au moins, ne serait-ce qu’au-delà de la galanterie, par souci de pluralisme, de porter une voix pas tout à fait dans la note dominante.


Ça changera pas votre vie certes. Mais bon …Les galettes de Pont Aven, depuis le temps, sont avariées...



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