mercredi 28 juin 2017

SUNDANCE / GENESE (41)


La chambre nuptiale avait été réservée par Auguste à son nom, et réglée par lui en espèces. Comme pour la noce, il avait vu les choses en grand, et opté pour la suite Ernest Hemingway du Ritz. Place Vendôme. A deux pas du Ministère.

Quittant le Grand Palais en même temps que son épouse et de ses deux filles, il prit Suzanna par la main, et l’entraîna avec lui quelques pas en avant.

« Ne t’inquiètes pas. Il reviendra. Il ne peut que revenir.
- Me faire ça ! A moi ! Le jour de ses noces !
- Il est sous le choc ! Il ne s’attendait pas… Laure m’a raconté…
- Putain, mais qui c’est ce type ? D’où il sort ?
- Je t’avais dit, souviens-toi. A l’époque tu ne voulais pas m’entendre.
- Tu voulais pas de Pierre !
- J’avais tort. Je ne le connaissais pas.
- Quand tu vois le père ! Papa, dis-moi, qu’ai-je donc fait ? »
Elle avança à pas rapides, l’obligeant à courir derrière elle.
« Ne confonds pas tout, chérie ! Pierre ce n’est pas son père !
 - J’espère bien, fit-elle en le toisant.
- Tu es dure.
- Faut pas me faire mal !
- Je ne t’ai jamais fait du mal, Suzanna. Jamais »

Suzanne, lentement, s’avança vers sa fille.
« Ton père a raison. Il va revenir. Ils reviennent toujours.
- Si ça se trouve, il est déjà sur place, ajouta Laure.
- Tu crois ? »
Elle avait des larmes dans les yeux, et frissonnait en serrant le haut de son vison.
« C’est que je l’aime tant ! Je ne peux plus vivre sans lui »
Sa mère tendit vers elle ses bras.
« N’aie crainte, ma fille. Il est à toi. Il t’aime.
- Tu crois ?
- Il me l’a dit. Juste avant de partir.
- Dis-moi.
- Il m’a dit : Suzanna est ma vie. »
Suzanna quitta l’étreinte, et leva les yeux vers la nuit étoilée.

« Alléluia ! »



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