vendredi 19 mai 2017

Les parasites


Un parasite entre dans un corps social et sait admirablement s’y fondre. Pour, de l’intérieur, progressivement l’infecter en se donnant l’air de faire le maximum de bien. 

Ayant l’apparence joyeuse et de fort bonne compagnie, il est particulièrement doué pour se rendre vite populaire. Vivant exclusivement grâce aux autres et dans leur regard depuis toujours du fait de facultés excessivement limitées, il ne peut que vivre du sang de ses victimes. Il n’aura de cesse, sous couvert de camaraderie et de bonhomie, que d’envenimer les relations entre les gens, qu’elles soient de l’ordre amoureux ou amical. C’est le prix de son ascenseur social, le bonheur des autres, et plus ils lui sont proches plus son plaisir est évident. Dupes, ces derniers n’y voient que du feu, tant il sait admirablement leur servir la soupe.  

Froids et mesquins, parfois hystériques, profondément destroys par nature, ils savent comme personne dissimuler leurs intentions et se donner un rôle en société qui ne correspond en rien à ce qu’ils distillent en tète a tète. Selon la crédulité de leur interlocuteur, ils utiliseront le scalpel ou le canif et prendront grand soin à ne pas se faire surprendre. Ces authentiques hyenes se déguisent en agneaux et en joyeux oursons. Et peu sont celles et ceux qui s’aperçoivent de la supercherie.

Quand on y regarde bien, ce qu’ils disent de moche touche à peu près tout le monde, et tourne. Il y a toujours au moins une cible dans leur collimateur, toujours quelqu’un sur qui ricaner ou médire, toujours !  Le parasite chie sur X auprès de Y et inversement, sans se donner l’air surtout de vouloir s’engager à fond dans un combat frontal. Il prendra toujours des chemins détournés, et jamais ne dévoilera son jeu.

L’amour est pour lui impossible, il convient donc, comme pour la véritable amitié, de le faire rompre. Il s’y prendra habilement, par sous-entendus, propos sous cape, insinuations, conseils avisés ou fausses mains tendues. Le parasite sait attendre son heure, ne pas y aller trop vite. Autour personne ne semble se méfier ou y voir clair, mais prudence ! Il est indispensable de ne pas se faire éjecter, car être démasqué signifierait devoir purement et simplement déménager. Comme le font les pervers narcissiques quand les cartes ont été jetées sur la table.

On peut les reconnaitre en s’intéressant de près à leur passé. Ils en parlent, notez-le bien, peu, et ne rentrent jamais dans les détails. Car quand on les questionne avec acuité à ce propos, que voit-on ? D’abord que sur leur route ils se plaignent de bien des personnes qui leur ont fait du tort après les avoir aidés. Le parasite aime tant se poser en victime et cracher sur la main qui les aura un temps secouru. Vérifiez, vous verrez, ils n’ont à leurs propres yeux jamais tort, que des excuses. Ils geignent, se lamentent, se plaignent et jamais ne s’attribuent la moindre responsabilité, ces Calimero Lidl.

On peut aussi repérer dans leur biographie réinventée de sacrées zones d’ombres, des épisodes étranges sur lesquels ils glissent un peu vite. Il y a toujours dans le parcours de ces salopards des cadavres dans les placards, et ils ne s’y attardent pas, et craignent beaucoup de ces témoins embarrassants qui par leurs récits pourraient dévoiler le pot aux roses.

Ils se délectent de la naïveté et de la gentillesse collective, ces petits maitres du crachat par en dessous qui se donnent des allures de bisounours. Eux au-dedans ne s’aiment ni n’aiment personne, d’ailleurs leur vie affective est un désert des tartares, une succession d’échecs patents. Vous ne leur servez qu’ à une chose, à ces intrus : vous êtes leur raison d’être et leurs faire-valoir. Sans vous, ces sous-développés du bulbe aux tendances parfois suicidaires, alcooliques et grands consommateurs de psychotropes n’existeraient pas. La solitude les effraie, sans public ils ne sont rien. Le Like leur sert de filtre.

Ils sont – regardez leurs actes et comparez les à leurs intentions déclarées - les champions de la velléité. Dire faire ceci équivaut chez eux à le faire, mais rarement vous trouverez un véritable passage à l’acte, ils s’arrêteront toujours en chemin. Disons-le tout net : ces grandes gueules sont d’obscurs seconds couteaux, tout juste bons à passer le balai ou a coder des programmes informatiques. De vulgaires techniciens de surface, bons pour la soute, tremblant et bavant devant les puissants, crachant sur les faibles et les méprisant. Nés dans le trou ils n’ont que dédain pour leurs origines et sont fascinés par le pouvoir auquel ils n’ont évidemment pas droit. Ce sont les princes des apparences, et des esprits foncièrement conventionnels. Eternellement soumis à l’ordre établi, ces laquais déguisés en rebelles de bout de trottoir son trop lâches, trop peu outillés intellectuellement, trop médiocres pour jamais réussir par eux-mêmes quelque chose un tant soit peu original, ils préfèrent o combien piquer la place du voisin, se pousser des coudes en coulisses pour obtenir quelque allocation ou quelque avantage. Et s’attribuer le travail fait par l’autre et les mérites qui vont avec. A l’école c’était des fayots et des copieurs qui faisaient le maximum pour se faire élire délégué de classe.

Se croyant supérieurs, ils sont, c’est là leur talon d’Achille, foncièrement bêtes à bouffer du foin avec une tendance hystérique, et ne peuvent s’empêcher, se surestimant parfois, de commettre LA faute qui va se retourner contre eux et dévoiler de facto leurs petits stratagèmes foireux. En s’attaquant pas comme il faut à celui ou celle qu’il ne faut pas, ils creusent sans le savoir leur tombe. Inconnus au bataillon il y a encore trois ans, ils prennent alors le risque, sans le réfléchir deux secondes, de se faire littéralement humilier en public preuves à l’appui, puis finalement expulser.


Ils repartiront alors ailleurs, et referont à l’identique la même chose sans en avoir tiré la moindre leçon. C’est leur nature de parasite qui veut ça. On les chassera et on les oubliera. Sortis de la fange ils y retourneront. Un peu de Baigon rouge ou vert, et puis voilà.


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