jeudi 9 mars 2017

Cinema Paradiso

Je songe à ces temps pas si anciens – quelques décennies - ou le cinéma, le fait de se rassembler le soir dans une salle comble pour assister à la projection d’un film, était pour chaque spectateur un authentique spectacle.

Alors – je parle des années de guerre et celles qui lui ont succédé – les salles ne projetaient qu’un film, non pas toute la journée comme c’est le cas aujourd’hui mais à heure fixe. La projection durait longtemps, précédée par des actualités et des attractions. On pouvait fumer dans la salle, comme on peut le voir dans ce merveilleux Cinéma Paradiso de Guiseppe Tornatore sorti à la fin des années 80. Un film n’était alors projeté que dans une salle, il fallait parfois traverser la capitale pour faire la queue pour y assister. On avait le temps, il pouvait y être projeté des mois, le temps nécessaire du bouche-à-oreille.

On y allait en famille, les classes sociales y étaient bien mieux mêlées que de nos jours ainsi que les générations. Il n’y avait pas alors de films pour enfants, des films pour adultes, des films pour ados ou des films pour vieux ados, les productions concernaient, s’adressaient et plaisaient à tout le monde. Le public alors n’était pas compose de petits critiques en herbe prêts a dégainer a peine sortis mais avait encore cette capacité à s’émerveiller sitôt enclenché le ronron du projecteur, ce bruit de moteur faisant glisser la pellicule jusqu’à le faire ressembler au vrombissement d’un train sur des rails.

C’était alors une communion, une magnifique et commune façon de se rassembler, loin des home movies nous isolant de nos écrans riquiqui d’aujourd’hui, de ces halls écœurants de parfums de bonbons et sodas chimiques ou le film fait office de faire valoir à l’industrie alimentaire.


Cette magie n’étant plus, il nous appartient comme cela se fait dans certains villages ou certaines grandes villes à l’ occasion des étés de faire ressusciter par des projections en plein air ce gout pour les grands écrans, les grandes œuvres de notre mémoire collective et les grandes communions. Car le cinéma, le vrai, permet, au contraire de nos cellulaires et de nos télévisions, de lever les yeux vers un même horizon. Et tel le personnage de Mia Farrow dans La Rose Pourpre du Caire, d’entrer tous ensemble dans l’écran.

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